UE : les acteurs de l’agroalimentaire donnent leur vision de l’agriculture de demain
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Les agriculteurs européens manifestant à Bruxelles en juin 2024.
Reuters
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Les agriculteurs européens manifestant à Bruxelles en juin 2024.
Reuters
En janvier 2024, lorsque le « Dialogue stratégique sur l'avenir de l'agriculture de l'UE » -promis quelques mois plus tôt par la présidente de la Commission européenne- a été lancé, les agriculteurs européens venaient d'investir les routes de plusieurs Etats membres pour exprimer leur colère. Et tout au long des sept mois pendant lesquels ses participants ont tenu leurs réunions, les syndicats agricoles, en France, n'ont pas relâché leur pression sur les autorités. Parmi leurs principales demandes, un allègement des règles environnementales, perçues comme autant de « contraintes » sur les exploitations et d'obstacles à l'accès aux « moyens de production » (eau, sols, intrants).
Malgré ce contexte, les 29 acteurs du secteur agroalimentaire, de la société civile, des communautés rurales et du monde universitaire qui ont participé aux travaux ne remettent finalement pas en cause le poids des normes environnementales européennes. Au contraire, dans leur rapport conclusif publié le 4 septembre, ils soutiennent à l'unanimité « la législation existante de l'UE », et s'engagent même « à la maintenir et à la faire respecter, ainsi qu'à trouver des leviers exploitables pour améliorer sa mise en œuvre ». « Cela inclut même le droit international, comme l'Accord de Paris sur le changement climatique ou celui de Kunming-Montréal sur la biodiversité », précise à La Tribune le professeur Peter Strohschneider, qui a présidé le Dialogue stratégique.
À lire également
Plus en général, le besoin d'une transition écologique des pratiques agricoles est largement soutenue par le rapport, selon lequel « des mesures urgentes, ambitieuses et réalisables sont nécessaires à tous les niveaux pour garantir que le secteur opère dans le respect des limites de notre planète et contribue à la protection et à la restauration du climat, des écosystèmes et des ressources naturelles, y compris l'eau, les sols, l'air, la biodiversité et les paysages ». Dans cette perspective, les membres du Dialogue stratégique réfutent d'ailleurs l'idée, largement soutenue dans le milieu agricole français, selon laquelle, au nom de la souveraineté alimentaire, l'agriculture française et européenne devraient produire plus.