Cofarming : quand la "sharing economy" bouscule le monde agricole

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“L’achat d’une machine agricole constitue une importante source d’endettement pour les agriculteurs. Grâce à la location, le propriétaire en fait un moyen de revenus, alors que le locataire libère des ressources pour d’autres investissements”, souligne le co-fondateur de WeFarmUp et de CoFarming, Laurent Barnède.
“L’achat d’une machine agricole constitue une importante source d’endettement pour les agriculteurs. Grâce à la location, le propriétaire en fait un moyen de revenus, alors que le locataire libère des ressources pour d’autres investissements”, souligne le co-fondateur de WeFarmUp et de CoFarming, Laurent Barnède. (Crédits : Pascal Rossignol)
Dans le sillon du développement des nouvelles technologies, mais aussi de la crise, les plateformes d’échange entre agriculteurs se multiplient. Elles promettent une rationalisation des ressources et des investissements.

Échanger des expériences et des compétences avec Agrifind, des données via Farmleap, voire des machines agricoles grâce à WeFarmUp ou des terrains dans Echangeparcelle... Dans le sillon de l'essor des AgriTech, l'économie collaborative perce aussi dans le secteur agricole. En France comme à l'étranger, une pluralité de plateformes y surgissent depuis quelques années proposant aux agriculteurs de nouveaux types de relations non seulement avec les consommateurs, mais aussi entre professionnels.

"Entre agriculteurs, la solidarité a une longue tradition. Les coopératives, nées de la crise de 1929 afin de massifier les achats et les ventes, n'ont fait que s'ajouter à l'entraide agricole, bien plus ancienne.

On franchit à présent une troisième étape: celle où les nouvelles technologies multiplient les contacts et donc l'accès aux ressources sans besoin de l'intermédiation d'une structure physique, mais par le simple biais d'un tiers de confiance virtuel", analyse Laurent Bernède, co-fondateur de WeFarmUp ainsi que de la première association regroupant ces plates-formes, CoFarming.

C'est peut-être pour cette raison que l'économie collaborative s'est dans l'agriculture imposée surtout sous la forme B2B, ajoute-t-il.

Un moyen pour accélérer la transformation des fermes

La récente crise du secteur en France y a d'ailleurs sans doute contribué :

"L'achat d'une machine agricole constitue une importante source d'endettement pour les agriculteurs. Grâce à la location, le propriétaire en fait un moyen de revenus, alors que le locataire libère des ressources pour d'autres investissements", souligne Laurent Barnède.

La mise en réseau du matériel induit une chute de 40 % du capital investi et une baisse de 30 % des charges annuelles, confirme d'ailleurs une étude menée par WeFarmUp avec la coopérative agricole régionale  Agro d'Oc et l'institut technique Arvalis auprès de 30 exploitations du Gers. D'une façon similaire, échanger des parcelles éloignées de l'exploitation permet de rationaliser les déplacements et ainsi d'en améliorer la rentabilité...

"Le digital n'est qu'un moyen pour accélérer la transformation des pratiques des fermes, pour plus de productivité voire une meilleure protection de l'environnement, sans pour autant immobiliser des fonds", résume l'entrepreneur, qui ajoute: "Le modèle attire tous les agriculteurs à la recherche de nouvelles solutions".

Sans compter que l'environnement B2B évite quelques-uns des obstacles réglementaires rencontrés par exemple par Airbnb: contrats, TVA, impôts, sont régis par les règles qui s'appliquent entre professionnels du secteur.

Les coopératives déjà membres de certains réseaux

Mais alors, l'ubérisation ne guette-t-elle pas les anciennes formes de coopération? Laurent Barnède ne le pense pas :

"L'entraide a bien survécu après les coopératives. De la même manière, les coopératives ne vont pas être anéanties par les réseaux. Au contraire, quelques-unes d'entre elles se servent déjà parfois de ces plates-formes, afin d'optimiser l'exploitation de matériels parfois sous-utilisés", assure-t-il.

L'entrepreneur ne craint d'ailleurs pas non plus que l'essor de la «sharing economy» en agriculture aggrave le décalage entre pays du Nord et du Sud.

"Si dans les pays développés le cofarming est surtout un outil de rationalisation d'actifs investis à l'hectare, dans les pays en voie de développement il joue un véritable rôle pour booster la productivité. En Inde il existe d'ailleurs déjà quatre plates-formes d'échange de machines", assure-t-il.

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Commentaires
a écrit le 26/02/2018 à 18:34 :
sharing economy ! L'économie du partage voulez-vous dire!
a écrit le 26/02/2018 à 12:11 :
dans les cultures le co farming est une connerie : en Normandie, ne pas avoir son propre matériel de battage c'est être sûr de disparaitre, en revanche pour certains travaux de transports, cela peut être interessant !!
par ailleurs, ce monsieur devrait approfondir son étude : les agriculteurs qui travaillent en coopérative voit leur revenus être plus faibles que ceux qui travaillent avec un négoce : c'est normal, ce sont les salariés des coopératives qui se gavent sur le dos de l'agriculteur
Réponse de le 26/02/2018 à 13:56 :
Vous en connaissez beaucoup des salariés de coopératives qui se gavent ?
Vos propos sont d'une brutalité outrancière.
Défendre le monde paysan en insultant celui des salariés est tout simplement minable.
Réponse de le 26/02/2018 à 14:29 :
Oh oui et en particilier les cadres !!!
Réponse de le 26/02/2018 à 14:31 :
C est parce que ces salaries se gavent que les agriculteurs crevent !!!
Réponse de le 26/02/2018 à 14:55 :
Vous en connaissrz neaucoup
a écrit le 26/02/2018 à 8:59 :
Le pouvoir d'achat des ménages agonise des intermédiaires de toutes sortes mais face à la menace permanente de l'agro-industrie, pour proposer un modèle différent non empoisonnant il faudra au milieu agricole habitué à côtoyer les obscurantistes de l'agro-industrie en permanence qui leur ont bien lavé le cerveau et exploité à fond, d'autres intermédiaires de ce type, utiles et productifs donc contrairement au secteur chimique qui n'est que parasite pour les revenus de l'agriculteur, le pouvoir d'achat et la santé.

Mais là en l’occurrence cela serait un intermédiaire favorable à l'agriculteur et non là pour seulement l'exploiter, et ça ça devrait profondément l’interpeler et le changer.

Par contre en effet on voit mal comment un secteur agricole dont les acteurs gagnent moins de 500 euros par mois pourrait se faire "ubériser", ils sont déjà tous à la ramasse, du moins ceux qui bossent pas ceux qui exploitent.
Réponse de le 26/02/2018 à 14:32 :
La ccoperative s est toujours gavee sur les agriculteurs !!
Réponse de le 26/02/2018 à 14:48 :
Oui oui c'est bien mon gars mais à un moment faut consulter, bien entendu afin d'essayer de préserver votre santé mentale j'ai signalé votre commentaire hein.

Adieu

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