#DigitAg : l'AgTech a sa "graduate school" à la française

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La mission de #DigitAg est d'explorer comment le numérique peut permettre aux agriculteurs -petits ou grands, bio ou traditionnels- d'assurer la sécurité alimentaire d'une population mondiale croissante tout en préservant mieux l'environnement et en vivant correctement, explique sa directrice Véronique Bellon-Maurel.
La mission de #DigitAg est d'"explorer comment le numérique peut permettre aux agriculteurs -petits ou grands, bio ou traditionnels- d'assurer la sécurité alimentaire d'une population mondiale croissante tout en préservant mieux l'environnement et en vivant correctement", explique sa directrice Véronique Bellon-Maurel. (Crédits : DR)
#DigitAg, premier Institut Convergences dédié à l'agriculture numérique, a vu le jour en 2017. Financé dans le cadre des investissements d'avenir, il mettra quelque 300 chercheurs au service de l'innovation française dans ce secteur stratégique.

Les compétences sont toutes là, et les initiatives foisonnent. Mais face à une concurrence internationale croissante, le développement de l'AgTech française exige de fédérer l'ensemble des acteurs. C'est ce que se propose de faire #DigitAg, premier Institut Convergences financé dans le cadre des investissements d'avenir dédié à ce secteur d'innovation, lancé devant la presse mardi 20 juin.

Piloté par l'Irstea, #DigitAg réunit 17 acteurs partenaires: quatre organismes publics de recherche, trois établissements publics d'enseignement supérieur, deux structures de transfert-développement, mais aussi, dans une démarche assumée d'intégration du monde professionnel à la réflexion comme à la formation, huit entreprises qui développent le numérique pour les agriculteurs. L'approche est résolument interdisciplinaire: agronomie, ingénierie et sciences économiques et sociales sont censées interagir sous la houlette de l'institut, afin d'alimenter recherches et innovations inédites. "L'objectif poursuivi est en effet ambitieux: devenir une référence mondiale en matière d'agriculture numérique", souligne Véronique Bellon-Maurel, membre de l'Institut national de recherche en sciences et technologies pour l'environnement et l'agriculture (Irstea) et directrice de la nouvelle structure.

Un budget de 147 millions d'euros

"Créés par le 2e plan d'investissements d'avenir, les Instituts Convergences, comme les Ecoles universitaires de recherche prévues par le 3e plan, sont des formes de 'graduate schools' à la française", explique le commissaire général à l'investissement, Louis Schweitzer, présent au lancement de #DigitAg. Sélectionnés en fonction de la qualité et de l'interdisciplinarité de leurs projets, ils reçoivent un financement de l'Agence nationale de recherche (ANR): 9,9 millions d'euros pour #DigitAg, dans un budget global de 147 millions pour sept ans.

Ils serviront à financer l'activité de quelque 300 chercheurs et 25 unités de recherche, ainsi que la mise en place de 24 masters dont quatre, nouveaux, adaptés aux professionnels. Une "puissance de recherche inédite et attractive" au service d'une mission stratégique pour la France: "explorer comment le numérique peut permettre aux agriculteurs -petits ou grands, bio ou traditionnels- d'assurer la sécurité alimentaire d'une population mondiale croissante tout en préservant mieux l'environnement et en vivant correctement", explique Véronique Bellon-Maurel. Un axe particulier sera notamment consacré à l'agriculture des pays du Sud, plus souvent organisée en petites structures et particulièrement confrontée au défi du au changement climatique.

L'innovation comme "fil rouge"

Afin de favoriser l'essor d'un nouveau secteur industriel français, le "fil rouge" de la recherche comme de l'enseignement dans le cadre de #DigitAg sera une nouvelle "culture": celle de l'innovation, soutenue par les partenariats avec l'industrie et avec la Société d'accélération du transfert de technologies (SATT), promet la directrice. Des formations à l'entrepreneuriat seront notamment offertes à tous les étudiants, et les projets les plus innovants seront accompagnés voire financés jusqu'à maturation. Un hackaton est déjà prévu dans 15 jours.

Son principal défi sera celui de l'ergonomie: à savoir la "transformation des connaissances apportées par la recherche en outils, services et usages adaptés aux gérants d'une ferme", observe Philippe Mauguin, Pdg de l'Inra. L'institut, basé à Montpellier, mais avec deux antennes à Toulouse et Rennes, compte sur deux sites de démonstration pédagogique pour tester ses innovations: l'Observatoire des usages de l'agriculture numérique et le Mas numérique, portés par l'Institut national d'études supérieures agronomiques de Montpellier (Montpellier SupAgro). Pour mieux cerner les besoin des agriculteurs, #DigitAg a aussi déjà tenu, le 21 mars au ministère de l'Agriculture, un "Vision Camp",  suivi par une consultation Internet: elle a reçu une centaine de réponses.

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