Face la flambée des maladies de bétail, l'Etat commande plus de vaccins
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Les moutons sont particulièrement touchés par la fièvre catarrhale cet été. (Photo d'illustration)
Frédéric Thual
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Les moutons sont particulièrement touchés par la fièvre catarrhale cet été. (Photo d'illustration)
Frédéric Thual
Face à la recrudescence de cas de maladies qui touchent les moutons, brebis et bovins, l'Etat a décidé de muscler sa réponse. Car le nombre de foyers de fièvre catarrhale ovine (FCO) de sérotype 3 a pratiquement doublé en une semaine, passant à 342 foyers confirmés au 29 août, selon un nouveau bilan de cette maladie. Celle-ci se propage rapidement depuis sa première détection début août dans le nord de la France.
Des cas ayant été détectés en Saône-et-Loire et dans l'Orne, « on élargit la zone » dans laquelle les vaccins sont fournies gratuitement aux éleveurs, « parce que là on est dans une course contre la montre », a annoncé le ministre démissionnaire de l'Agriculture, Marc Fesneau, lors d'un déplacement, ce vendredi, à Fangy en Saône-et-Loire. La zone concerne désormais « 70% des départements », a-t-il précisé, et s'étale jusqu'à la région Rhône-Alpes dans le sud et la région des Pays-de-la-Loire à l'ouest.
Le gouvernement va débourser 14 millions d'euros pour 5,3 millions de doses complémentaires, en plus des 6,4 millions de doses déjà commandées. Le ministère de l'Agriculture rappelle par ailleurs, dans un communiqué, que tous les éleveurs sont encouragés à tester leurs animaux en cas de suspicion de FCO de tous sérotypes, les frais des tests et la visite vétérinaire étant pris en charge par l'Etat, dans l'ensemble du pays.
Avant l'apparition de la FCO 3, les éleveurs français faisaient face depuis plusieurs années aux FCO de sérotype 4 et 8. La FCO 8 connaît un regain d'activité ces dernières semaines dans le sud du pays. Un vaccin, différent de celui contre la FCO 3, existe et a été pris en charge par l'Etat de 2008 à 2018, mais ne l'est plus pour cette épizootie, désormais considérée comme endémique en France.
Le ministre démissionnaire de l'Agriculture a parallèlement annoncé la commande de deux millions de doses d'un vaccin, tout juste homologué, contre la maladie hémorragique épizootique (MHE), une épizootie distincte qui touche particulièrement les bovins dans le sud-ouest du pays.
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Détectée pour la première fois en septembre 2023 en France, et en dormance dans les élevages ce printemps, elle a ressurgi ces dernières semaines.
La détection de ces maladies n'entraîne pas l'abattage des bêtes, contrairement à la grippe aviaire. Elles ne sont pas transmissibles à l'homme mais peuvent affaiblir les troupeaux, être fatales à des petits en gestation et, dans certains cas, conduire à la mort des animaux.
Autre maladie qui touche les bovins actuellement, plusieurs cas de fièvre charbonneuse ont été détectés dans le Cantal, conduisant les services de l'Etat à prendre des mesures sanitaires, a indiqué, ce vendredi, la préfecture du département.
Pour rappel, la fièvre charbonneuse affecte principalement les herbivores. Elle est due à la bactérie Bacillus anthracis qui a la particularité de persister pendant plusieurs années sous forme de spores dans les sols. La maladie se manifeste chez les animaux sous la forme notamment d'une forte fièvre, avec des symptômes généraux, circulatoires, hémorragiques, digestifs et urinaires, et évolue rapidement vers la mort.
De premiers cas ont été décelés en juillet sur une parcelle d'estive à Collandres (Cantal). La vaccination et des mesures de biosécurité (isolement, désinfection...) avaient permis de protéger le cheptel, souligne la préfecture. Mais un nouveau foyer a toutefois été identifié le 13 août à proximité, sur la commune de Trizac où des animaux ont été retrouvés morts. Un troisième foyer, pour lequel des analyses sont en cours, est suspecté depuis mardi, toujours sur la commune de Trizac.
« Sans attendre la confirmation de la maladie par le laboratoire national de référence, l'élevage concerné est mis sous surveillance avec interdiction de sortie des animaux de l'exploitation et des pâturages où ils se trouvent », précise la préfecture.
L'interdiction d'accès à la zone « est signalée sur site et doit être strictement respectée ainsi que des mesures de bon sens à proximité (tenir les chiens en laisse, ne pas toucher d'animaux morts, ne pas ramasser de végétaux de types fleurs, baies, champignons, etc.) ».
Selon la préfecture, « seules les personnes ayant manipulé les cadavres d'animaux morts de la maladie peuvent présenter un risque d'avoir été contaminées » : « Elles ont toutes été identifiées et orientées vers leur médecin traitant afin de pouvoir bénéficier si besoin d'un traitement antibiotique préventif. »
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Les cas de contaminations d'animal à homme restent « rares et consécutifs à des contacts directs ou à l'ingestion de viande contaminée », rassure la préfecture. Les derniers cas humains en France remontent à 2008. La transmission de la fièvre charbonneuse d'une personne à une autre n'a jamais été observée.
(Avec AFP)
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