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ClimatEnergie & Environnement

Bovins, porcs, poulets... L'élevage est responsable de 12% des émissions de gaz à effet de serre

latribune.fr

Publié le 08 décembre 2023 à 10:31 - Mis à jour le 08 décembre 2023 à 10:34

Le Quotidien Numérique

07 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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Selon la FAO, l'élevage est à l'origine de 12% des émissions de gaz à effet de serre causées par les humains. Son impact sur le climat s'aggravera si rien n'est fait puisque la demande mondiale en viande continue de croître.

L'élevage de bovins, porcs, poulets, buffles, moutons et chèvres participent à hauteur de 12% des émissions de gaz à effet de serre. Pour arriver à ce chiffre dans son rapport, l'organisation pour l'agriculture FAO a pris 2015 comme année de référence. Une année où 810 millions de tonnes de lait, 78 millions de tonnes d'œufs et 330 millions de tonnes de viande ont été produites.

Depuis la production des engrais destinés à l'alimentation des bêtes jusqu'aux portes du magasin, en passant par le transport, 6,2 gigatonnes (Gt) d'équivalent CO2 ont été émises. En sachant que la FAO mesure le méthane, le protoxyde d'azote et le dioxyde de carbone.

Lire aussiLa Nouvelle-Zélande veut taxer les émissions de gaz des animaux d'élevage

La consommation de viande tend à augmenter

Dans le détail, les bovins sont la principale source d'émissions (62%), suivis par les porcs (14%), les poulets (9%), les buffles (8%) et les moutons et chèvres (7%). Du côté des denrées produites, la viande est la plus grosse source (67%), devant le lait (30%) et les œufs (3%). Les émissions directement liées à l'élevage, depuis les rots des bovins jusqu'à la fermentation du fumier, représentent 60% du total. Dans les émissions indirectes, la FAO a comptabilisé la fabrication des engrais et pesticides pour la production du fourrage, le transport et la transformation des animaux, mais aussi la conversion de forêts en pâture ou en champs de soja destiné au fourrage.

Une situation qui ne risque pas de s'améliorer. Entre la croissance de la population mondiale et celle de la demande moyenne par habitant, la consommation en protéines animales devrait augmenter de 21% entre 2020 et 2050, anticipe l'agence. Pour répondre à cet appétit en évitant d'augmenter le nombre de bêtes, plusieurs recommandations sont avancées du côté de la production comme de la consommation.

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Augmenter la productivité de l'ensemble de la chaîne

Pour réduire les émissions du secteur, le plus efficace selon la FAO est d'augmenter la productivité sur l'ensemble de la chaîne, en utilisant par exemple diverses techniques pour gonfler le volume de lait produit par vaches ou en abaissant l'âge auquel les animaux sont envoyés à l'abattoir.

Viennent ensuite l'évolution de l'alimentation des animaux, puis l'amélioration de leur santé qui permet non seulement d'augmenter leur productivité mais aussi de réduire le taux de mortalité. La sélection de certains traits génétiques, l'apport d'additifs pouvant jouer sur la digestion ou la réduction du gaspillage sont aussi recommandés.

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Réduire sa consommation de viande n'a qu'un impact limité

La FAO évoque également la réduction de la consommation de la viande mais en soulignant que son impact est limité. Si les habitants devaient suivre les recommandations nutritionnelles officielles, cela conduirait généralement dans les pays riches à une moindre consommation de viande et donc à une baisse des émissions, constate la FAO. Mais dans les pays à revenus moyens, la baisse des émissions liées à la viande serait en grande partie contrebalancée par l'augmentation des émissions liées aux fruits, légumes et fruits à coques poussant en partie en serre. Et dans les pays aux revenus faibles, il est souvent recommandé d'augmenter sa consommation de protéines aussi bien végétales qu'animales.

Élever une vache dans un parc d'engraissement aux Etats-Unis tend à produire moins d'émissions par bête qu'en Afrique sub-saharienne, remarque par ailleurs la FAO. La marge d'amélioration est donc plus importante dans les pays aux revenus faibles et moyens en Afrique, en Amérique du Sud et en Asie. Toutefois, « il ne s'agit pas de promouvoir l'intensification à tout prix dans ces régions mais plutôt de s'inspirer des systèmes ayant des intensités d'émissions relativement plus faibles », souligne l'agence.

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Quel avenir pour la viande artificielle

Et si la solution venait de la viande dite « de laboratoire » ou artificielle ? Développée par des startups, cette solution permet aux humains de consommer des protéines animales avec un impact moindre sur l'environnement que celui de l'élevage intensif, et sans souffrance animale.

En juin dernier, les Etats-Unis sont devenus le deuxième pays, après Singapour, à ouvrir la voie à la viande artificielle dans les assiettes, en autorisant la vente de viande de poulet cultivée en laboratoire par deux entreprises, Upside Foods et Good Meat. « Cette autorisation va fondamentalement changer la manière dont la viande atterrit sur nos tables », a affirmé Uma Valeti, PDG et fondateur d'Upside Foods, qui a aussi salué « un pas de géant vers un avenir plus durable » dans un communiqué. Mais la viande de laboratoire reste pour le moment très compliquée et très coûteuse à produire. D'autres entreprises se sont donc tournées vers le marché de la nourriture pour animaux de compagnie, a priori moins difficile à satisfaire que leurs propriétaires. De plus, une étude de l'Université de Californie à Davis a montré que toutes les phases de production de la viande de laboratoire nécessitent beaucoup d'énergie et émettent une grande quantité de gaz à effet de serre.

À lire également

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De son côté, l'Italie est devenue mi-novembre le premier pays de l'Union européenne à interdire la viande de culture, produite en laboratoire à partir de cellules de tissus animaux. Le ministre italien de l'Agriculture, Francesco Lollobrigida, a déclaré que la viande de culture « interrompt le rapport vertueux entre la terre, l'homme et le travail qui, pendant des millénaires, nous a accompagnés et nous a permis d'entretenir la terre ». L'Organisation internationale pour la protection des animaux, une ONG italienne, a toutefois estimé que cette loi n'avait pas d'utilité : « Cette interdiction est totalement inutile aujourd'hui, puisque la viande de culture n'a pas encore été approuvée pour la consommation humaine en Europe et ne peut donc pas être commercialisée. »

(Avec AFP)

latribune.fr

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