Le secteur alimentaire alerte sur l’impact économique du projet de loi interdisant le démarchage téléphonique sans consentement. Spécialiste des surgelés en zone rurale, l’entreprise finistérienne Argel redoute pour ses 800 emplois en France.Appels répétés dans la journée, sollicitations sur mobile, inefficacité du dispositif Bloctel, censé protéger contre le démarchage abusif... Pour lutter contre ces nuisances dans le quotidien des Français, l'Assemblée nationale a voté fin janvier l'interdiction du démarchage téléphonique sans consentement préalable. Introduite par la députée écologiste Delphine Batho, cette disposition, s'inscrit dans un texte plus large porté par les députés macronistes visant à lutter contre les pratiques commerciales agressives et souvent frauduleuses de certaines entreprises.
Examiné le 6 mars prochain, ce projet de loi inquiète les acteurs de la vente directe et de la livraison à domicile. Mi-janvier, la Fédération de la vente directe (FVD) jugeait le consentement préalable des consommateurs « beaucoup trop contraignant » et la mesure dangereuse économiquement pour des milliers d'emplois. Une nouvelle alerte provient cette fois-ci du secteur de l'agroalimentaire.
Membre de l'organisation Les Grossistes Alimentaires de France (ex-Fedalis), l'entreprise bretonne Argel (90 millions d'euros de chiffres d'affaires), filiale du groupe coopératif laitier Even (2,7 milliards d'euros de chiffre d'affaires), craint par exemple pour ses 800 salariés.
Défense d'une exception alimentaire
Spécialiste de la livraison à domicile de produits surgelés en zone rurale et périurbaine depuis 60 ans, Argel estime que la question du consentement préalable des clients met en péril ses 800 emplois, répartis sur sept régions dont plus de la moitié en Bretagne et Occitanie.