Dans de nombreux départements, les éleveurs subissent les conséquences de la sécheresse et de la canicule : volailles décimées, manque d’herbe dans les pâtures, stockages de foin et de maïs pour l’hiver déjà entamés, etc.
Reuters
Crise sanitaire, sécheresse, incompréhension de l’opinion publique, commerce international : les ingrédients d’une nouvelle colère des agriculteurs sont tous réunis, avant que le travail dans les champs soit mis en pause, à la fin de l’été.
Depuis plus d'un an, le gouvernement a tout fait pour éviter que les agriculteurs redescendent avec leurs tracteurs dans les rues comme au début de 2024. Et ce, jusqu'à présent, avec succès. Le risque est cependant loin d'être écarté pour l'automne et l'hiver prochains, quand le travail dans les champs sera mis en pause. Malgré les efforts de la ministre de l'Agriculture, Annie Genevard, de les éliminer les uns après les autres, les « causes d'irritation » du monde agricole, lors de cette rentrée 2025, continuent plutôt de s'amonceler. Ils pourraient tourner au mélange explosif.
L'élevage à la peine
Les éleveurs sont particulièrement sur les nerfs. Depuis la fin juin, une nouvelle crise sanitaire ravage le secteur, notamment en Savoie et Haute-Savoie où, à la mi-août, 74 foyers de dermatose nodulaire contagieuse (DNC), répartis dans 39 élevages, avaient été recensés, selon un communiqué du ministère. Une maladie virale et contagieuse, bien que non transmissible aux humains, qui a entraîné l'abattage de centaines de bovins cet été et dont un nouveau foyer vient aussi d'être détecté dans l'Ain, malgré la vaccination de 310 000 animaux dans les départements déjà touchés.
La gestion par l'État de la crise, notamment l'abattage de tous les animaux des élevages concernés, considéré comme disproportionné, est fortement critiquée par deux syndicats agricoles : la Coordination rurale, plutôt située à droite, et la Confédération paysanne, de gauche. Cette dernière vient de promettre le blocage de tous les « abattages totaux ».
Dans de nombreux autres départements, les éleveurs subissent les conséquences de la sécheresse et de la canicule : volailles décimées, manque d'herbe dans les pâtures, stockages de foin et de maïs pour l'hiver déjà entamés, etc.
Quant aux céréales, après une moisson désastreuse en 2024, les récoltes retrouvent des niveaux satisfaisants cette année. Selon les premiers bilans de FranceAgriMer, publiés dès la mi-août en raison de moissons particulièrement précoces, la production de blé tendre est notamment estimée à 33,1 millions de tonnes : soit +4 % par rapport à la moyenne 2020-2024 et ce, malgré une baisse de 2 % des surfaces cultivées. La qualité semble aussi globalement au rendez-vous : elle devrait permettre de « répondre aux besoins des différents marchés ».
Newsletter
Industrie et service
Chaque jour à 13h, l’essentiel de l’actualité industrielle.