Plus vous serez proche de vignes, plus l'exposition aux pesticides sera importante. Et même davantage en période de traitement de celles-ci, soit de mars à août. Si les résultats ne sont pas surprenants, ils ont été démontrés par une étude inédite de grande ampleur, appelée PestiRiv, menée par l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) et Santé publique France. Les agences de santé ont choisi la viticulture, car cette dernière est souvent proche des habitations et est l'une des cultures ayant le plus recours à des produits phytosanitaires.
Pendant 15 jours, des prélèvements de cheveux et d'urines, ainsi que des relevés de qualité de l'air, de poussières ou encore des fruits et légumes ont été réalisés sur pas moins de 2000 adultes et 750 enfants dans 265 zones. L'étude a ensuite comparé deux catégories : celle des personnes vivant à moins de 500 mètres d'un terrain viticole, mais plus d'un kilomètre d'autres cultures, et celle vivant à plus de cinq kilomètres de terres viticoles et à plus d'un kilomètre d'autres cultures.
En plus de ces critères, l'étude a aussi pris en compte les modes de vie des individus (alimentation, nettoyage des lieux de vie, profession...). Résultat : chez les personnes vivant à proximité des vignes, les taux de pesticides retrouvés dans les urines sont supérieurs de 15 % à 45 % selon les catégories de pesticides. Pour la contamination des poussières, « cela varie de quelques pourcents à plus de 1000 % », écrit l'étude.