C'est une étude largement attendue et d'une ampleur inédite qui est lancée cette année par l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) et Santé publique France, avec l'appui des ministères en charge de l'écologie, de la santé, du travail et de l'agriculture. Nommée « Albane », cette enquête vise à « connaître et protéger l'état de santé de la population vivant en France hexagonale, Corse comprise ». Concrètement, l'objectif est de mieux comprendre la fréquence croissante des maladies chroniques, d'analyser les effets d'exposition à diverses substances chimiques, comme les pesticides, phtalates ou encore PFAS, afin de revoir les réglementations et d'identifier les risques liés à l'alimentation, ainsi que les habitudes alimentaires et leur rôle dans la prévention de certaines maladies chroniques.
La phase de recueil de données se terminera fin 2026, avec des premiers résultats attendus début 2028. Des données qui serviront ensuite aux pouvoirs publics, a déclaré l'Anses lors d'une conférence de presse ce matin, et qui ont vocation à être croisées avec des données internationales. L'enquête devrait également aider la communauté scientifique à comprendre l'augmentation croissante de certaines maladies, comme les cancers chez les jeunes adultes. Une étude parue en 2023 dans le British Medical Journal fait état d'une hausse mondiale de 79,1 % des cancers chez les moins de 50 ans entre 1990 et 2019 et, selon The Lancet Oncology, le nombre de nouveaux cas et de décès chez les moins de 40 ans pourrait augmenter de 12 % d'ici à 2050.