La première grande étude nationale mesurant l’exposition aux pesticides des riverains, menée dans 265 zones viticoles comme non viticoles, doit être publiée lundi 15 septembre. Elle est potentiellement lourde de conséquences.Après quatre années de suspens, des données très attendues sur les effets des pesticides seront publiées lundi, a annoncé cette semaine l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses). Il s'agit des résultats de PestiRiv, la première grande étude nationale mesurant l'exposition aux pesticides des riverains, lancée en 2021 sous le pilotage de l'Anses et de Santé publique France.
Son objet est sensible, puisqu'elle se concentre sur un pilier de l'agriculture française au moment où il traverse une crise structurelle : la viticulture, « une culture pérenne, souvent implantée à proximité immédiate des habitations, et qui reçoit un nombre important de traitements phytosanitaires », explique l'agence. Son ampleur est de surcroît inédite, puisque la présence de 56 substances — dont certaines déjà interdites — a été mesurée dans 265 zones viticoles comme non viticoles. Et ce, dans l'air à l'extérieur et à intérieur des habitations, ainsi que dans l'urine et les cheveux des participants, dont on a également enregistré l'âge, le type de logement et les habitudes.
L'Anses promet rien de moins que de tirer de l'étude,« pour la première fois, une description nationale précise et robuste de la contamination de l'environnement et de l'imprégnation de riverains de cultures à des substances contenues dans les produits phytopharmaceutiques ».
Inquiétude citoyenne autour des pesticides
Sans surprise, le moment est donc redouté par les viticulteurs, tant en raison du contexte dans lequel il s'inscrit que des enjeux. L'utilisation agricole des pesticides devient en effet de plus en plus un sujet politique en France, opposant agriculteurs et opinion publique. Alors que les Français — riverains des cultures comme consommateurs — s'inquiètent de leurs effets sur la santé, les exploitants agricoles défendent un « moyen de production », et s'insurgent contre une « distorsion de la concurrence » face aux agriculteurs d'autres pays, souvent autorisés à y recourir davantage.