Lait contaminé : Lactalis récolte une nouvelle plainte pour "négligences"
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Lactalis reprendra toutes les boites de lait sorties de craon
STEPHANE MAHE
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Lactalis reprendra toutes les boites de lait sorties de craon
STEPHANE MAHE
(Article publié le 14 février à 9h38, mis à jour à 14h30 avec les déclarations des distributeurs)
Rebondissement dans l'affaire du lait infantile contaminé chez Lactalis. Sept familles se sont associées à la plainte que l'association Foodwatch, spécialisée dans les questions d'alimentation, entend déposer ce mercredi - officiellement déposée contre X, pour douze infractions mettant en cause le fabricant, dans la tourmente après la découverte de salmonelle dans ses laits infantiles.
Dans sa plainte, Foodwatch estime que "ces différents intervenants ont méconnu leurs obligations en matière de prévention des risques sanitaires" mais aussi "dans la gestion particulièrement défaillante" de la crise.
Elle s'ajoute ainsi à au moins une douzaine d'autres déjà enregistrées au pôle santé publique du parquet de Paris, chargées de les centraliser dans le cadre d'une enquête pour "blessures involontaires" et "mise en danger de la vie d'autrui", ouverte le 22 décembre.
L'association a ciblé douze infractions, listées dans un document publié en ligne, pour certaines relevant de dispositions très spécialisées du code rural et du code de la consommation. Elles vont de la mise sur le marché d'un produit préjudiciable à la santé à l'inexécution d'une procédure de retrait ou de rappel d'un produit, en passant par la tromperie aggravée et la mise en danger d'autrui ou encore l'exportation vers un pays tiers à l'Union européenne d'une denrée alimentaire préjudiciable à la santé.
| Aller plus loin : les 12 infractions listées par Foodwatch
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Cette plainte fait suite aux déclarations de Patrick Dehaumont, le directeur général de l'Alimentation (DGAL), rattaché au ministère français de l'Agriculture, qui a laissé entendre, mardi, lors de son audition devant les commissions des affaires économiques et sociales du Sénat, que Lactalis n'avait pas transmis les résultats d'autocontrôles positifs à la salmonelle de son usine de Craons (Mayenne), en 2005. Et ce, en dépit des inspections menées ces dernières années par les services sanitaires.
Pris sur le fait, le Pdg de Lactalis Emmanuel Besnier avait lui-même reconnu en janvier dernier, puisque des salmonelles avaient bien été trouvées "dans l'environnement" de l'usine entre 2005 et 2017, qu'il ne pouvait "exclure que des bébés aient consommé du lait contaminé sur cette période". Dans un entretien aux Echos, il a estimé à "des centaines de millions d'euros" le coût de cette crise. 600 lots avait été rappelés par le fabricant de lait infantile, à la demande de Bercy.
Si "le premier responsable dans cette affaire est évidemment Lactalis", l'ONG pointe aussi la responsabilité de l'État.
Pour rappel, l'épidémie de 2005 avait touché 146 nourrissons, a rappelé M. Dehaumont lors de son audition. Celle de 2017 en a affecté 37 en France, ainsi que deux en Espagne et probablement un autre en Grèce.
Les auditions se sont poursuivis ce mercredi avec les distributeurs, dont Carrefour et Auchan. Ces derniers ont fait état des "défaillances humaines" dans l'affaire Lactalis.
D'une part, Stéphane Dufort, le directeur qualité du groupe Carrefour, a regretté une "mauvaise gestion des produits retournés en magasins par nos clients", soit plus de 9.000 boîtes dans le cas des lots de lait infantile Lactalis contaminé aux salmonelles. En ajoutant :
Il a aussi fustigé dans cette crise une information "morcelée", de la part de Lactalis (15 messages transmis en tout aux distributeurs, ndlr) et "peu transparente".
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Franck Geretzhuber, le secrétaire général du groupe Auchan, a lui aussi regretté que "52 produits aient été remis en vente" dans leurs supermarchés, sur les 42.000 retirés, accusant notamment "la multiplication des procédures".
(Avec AFP et Reuters)
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