Lait contaminé : Lactalis récolte une nouvelle plainte pour "négligences"

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C’est dans l’usine de Craons, en Mayenne, que des traces de salmonelle ont été retrouvées. Elle compte 327 salariés, dont 250 qui ont été placés en chômage partiel, sans baisse de salaire, le mois dernier. Le groupe Lactalis a signé un accord avec les salariés du site pour les employer dans d'autres usines du secteur.
C’est dans l’usine de Craons, en Mayenne, que des traces de salmonelle ont été retrouvées. Elle compte 327 salariés, dont 250 qui ont été placés en chômage partiel, sans baisse de salaire, le mois dernier. Le groupe Lactalis a signé un accord avec les salariés du site pour les employer dans d'autres usines du secteur. (Crédits : STEPHANE MAHE)
L'association de consommateurs Foodwatch va à son tour porter plainte, ce mercredi, à Paris, pour douze infractions mettant en cause le fabricant de laits infantiles, la grande distribution, un laboratoire et les autorités, notamment pour "mise en danger de la vie d'autrui" et "blessures involontaires".

(Article publié le 14 février à 9h38, mis à jour à 14h30 avec les déclarations des distributeurs)

Rebondissement dans l'affaire du lait infantile contaminé chez Lactalis. Sept familles se sont associées à la plainte que l'association Foodwatch, spécialisée dans les questions d'alimentation, entend déposer ce mercredi - officiellement déposée contre X, pour douze infractions mettant en cause le fabricant, dans la tourmente après la découverte de salmonelle dans ses laits infantiles.

Dans sa plainte, Foodwatch estime que "ces différents intervenants ont méconnu leurs obligations en matière de prévention des risques sanitaires" mais aussi "dans la gestion particulièrement défaillante" de la crise.

"Les législations tant européennes que françaises font peser de nombreuses obligations sur tous les acteurs de la chaîne alimentaire. Producteurs, distributeurs, laboratoire et bien sûr autorités publiques ne pouvaient les ignorer. Et pourtant, ils ont fait preuve de négligence", a dénoncé Karine Jaquemart, directrice de Foodwatch.

Elle s'ajoute ainsi à au moins une douzaine d'autres déjà enregistrées au pôle santé publique du parquet de Paris, chargées de les centraliser dans le cadre d'une enquête pour "blessures involontaires" et "mise en danger de la vie d'autrui", ouverte le 22 décembre.

Douze infractions, dont "mise en danger d'autrui"

L'association a ciblé douze infractions, listées dans un document publié en ligne, pour certaines relevant de dispositions très spécialisées du code rural et du code de la consommation. Elles vont de la mise sur le marché d'un produit préjudiciable à la santé à l'inexécution d'une procédure de retrait ou de rappel d'un produit, en passant par la tromperie aggravée et la mise en danger d'autrui ou encore l'exportation vers un pays tiers à l'Union européenne d'une denrée alimentaire préjudiciable à la santé.

| Aller plus loin : les 12 infractions listées par Foodwatch

La transparence de Lactalis mise en cause,
mais aussi l'État

Cette plainte fait suite aux déclarations de Patrick Dehaumont, le directeur général de l'Alimentation (DGAL), rattaché au ministère français de l'Agriculture, qui a laissé entendre, mardi, lors de son audition devant les commissions des affaires économiques et sociales du Sénat, que Lactalis n'avait pas transmis les résultats d'autocontrôles positifs à la salmonelle de son usine de Craons (Mayenne), en 2005. Et ce, en dépit des inspections menées ces dernières années par les services sanitaires.

"Ce que l'on constate, c'est qu'il y a un décalage entre les éléments donnés au niveau de l'inspection et ce qu'on a pu récupérer comme autocontrôles suite à la crise", a-t-il déclaré.

Pris sur le fait, le Pdg de Lactalis Emmanuel Besnier avait lui-même reconnu en janvier dernier, puisque des salmonelles avaient bien été trouvées "dans l'environnement" de l'usine entre 2005 et 2017, qu'il ne pouvait "exclure que des bébés aient consommé du lait contaminé sur cette période". Dans un entretien aux Echos, il a estimé à "des centaines de millions d'euros" le coût de cette crise. 600 lots avait été rappelés par le fabricant de lait infantile, à la demande de Bercy.

Si "le premier responsable dans cette affaire est évidemment Lactalis", l'ONG pointe aussi la responsabilité de l'État.

"Des "dysfonctionnements" peuvent aussi être imputés aux distributeurs, au laboratoire, et "bien sûr" aux autorités publiques."

Pour rappel, l'épidémie de 2005 avait touché 146 nourrissons, a rappelé M. Dehaumont lors de son audition. Celle de 2017 en a affecté 37 en France, ainsi que deux en Espagne et probablement un autre en Grèce.

La grande distribution regrette des "défaillances" humaines

Les auditions se sont poursuivis ce mercredi avec les distributeurs, dont Carrefour et Auchan. Ces derniers ont fait état des "défaillances humaines" dans l'affaire Lactalis.

D'une part, Stéphane Dufort, le directeur qualité du groupe Carrefour, a regretté une "mauvaise gestion des produits retournés en magasins par nos clients", soit plus de 9.000 boîtes dans le cas des lots de lait infantile Lactalis contaminé aux salmonelles. En ajoutant :

"Malheureusement, un certain nombre de produits ont été remis par mégarde dans le circuit de distribution: c'est la principale cause de la défaillance identifiée."

Il a aussi fustigé dans cette crise une information "morcelée", de la part de Lactalis (15 messages transmis en tout aux distributeurs, ndlr) et "peu transparente".

Franck Geretzhuber, le secrétaire général du groupe Auchan, a lui aussi regretté que "52 produits aient été remis en vente" dans leurs supermarchés, sur les 42.000 retirés, accusant notamment "la multiplication des procédures".

 (Avec AFP et Reuters)

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Commentaires
a écrit le 15/02/2018 à 10:50 :
Aucun mort, quelques intoxications à la salmonelle et c'est une déferlante minable de plaintes.... c'est stupide. Les gens n'ont rien d'autre à faire que d'essayer de récupérer du fric sur le dos de la santé de leur enfant. Je leur donne plusieurs pistes pour accroître leur revenu. Une bronchite, plainte contre la crèche, l'école ou la voisine dont l'enfant était malade.

Une gastro, plainte contre la mal bouffe du mac-do

etc etc etc y'a du pognon a ce faire, autant que vos enfants servent à cela...
a écrit le 14/02/2018 à 19:14 :
Pôvre M. Besnier....lui qui voulait être si discret....😂😂 il fait beaucoup parler de lui....il pourrait se défendre en disant que globalement son lait fait tout de même moins de morts que les accidents de la route ou encore le tabagisme, l'alcool, la drogue et les tsunamis😂😂😂
a écrit le 14/02/2018 à 10:10 :
Lactalis est une multinationale qui ne cesse d'enchainer les accidents et donc les empoisonnements quand on sait que leur dernier scandale en fait a comme origine un scandale bien plus vieux qui n'a jamais été réglé, on comprend pourquoi il y a trois actionnaires milliardaires au sein de ce groupe hein.

Du coup les gars ils sont habitués à des méthodes mafieuses appuyées par les pouvoirs publics qui bien entendu depuis le temps sont forcément largement compromis dans la magouille. Donc oui il faut faire le ménage là aussi mais cela ne pourra pas se passer de démanteler la FNSEA et ses filiales qui sont totalement compromises dans l’affaire, enfin dans les multiples affaires et scandales.

Une chose est certaine c'est que jamais tous les protagonistes responsables de cet empoisonnement généralisé ne seront jugés et mis hors d'état de nuire, cela fait beaucoup trop de possédants et décideurs politiques, une révolution pourtant dans un pays anesthésié par les médias ne pourrait que se soulever.

Mais déjà si on pouvait arrêter net toutes ces pratiques et que donc tout ceux qui sont compromis dans le truc arrêtent, se calment, profitent de leurs fortunes déjà mal gagnées cela serait formidable et abandonnent l'idée de se faire du blé et nous empoisonner, ce serait nettement suffisant.

Maintenant nos vieux investisseurs européens dopés par les subventions étatiques, habitués à ce que tout ce qu'il y a autour d'eux s'adaptent à leurs délires sont ils encore capable de réflexion, et je le dis très sérieusement ? Quand on écoute la parole de leurs amis les médias on ne peut que sérieusement en douter.

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