Le boom du vin sans alcool ne fait pas l’unanimité en Bourgogne
Amandine Ibled
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Armand Heitz qui a repris le domaine de Chassagne-Montrachet, en Bourgogne
Armand Heitz
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Armand Heitz qui a repris le domaine de Chassagne-Montrachet, en Bourgogne
Armand Heitz
La consommation de vin en France traverse une phase délicate, mais le segment des vins sans alcool connaît, lui, une croissance soutenue. En 2023, les vins effervescents sans alcool restaient les plus dynamiques (+11%) tandis que les vins tranquilles sans alcool surperformaient (+8,8%) également, selon une étude de d'Axia Consultants.
Chez certains professionnels, ce phénomène, soutenu par la génération Z, soulève des préoccupations quant à la qualité et à l'authenticité des produits.
En Bourgogne, Armand Heitz, vigneron et agronome ayant repris, en 2013, le domaine de Chassagne-Montrachet (250 hectares), ne cache pas son inquiétude face à cette évolution : « Soutenir un vin sans alcool, c'est dire non à ce bon sens paysan. C'est être complètement déconnecté de pourquoi on cultive quelque chose et comment il doit arriver chez le consommateur. »
Armand Heitz souligne que la production de vin sans alcool repose sur des procédés industriels lourds, tels que la distillation sous vide, qui altèrent les qualités organoleptiques du vin. « Un vin sans alcool ne respecte aucune définition du terroir. On assemble souvent des volumes de mauvaise qualité, on les fait passer dans une machine qui détruit tout, et on finit par ajouter des produits chimiques pour le stabilisateur », s'insurge-t-il.
Florian Humbert, directeur du GIP pôle Bourgogne Vigne et Vin, un organisme de coopération entre le monde académique (Université de Bourgogne, Institut Agro Dijon, Burgundy School of Business) et la filière vitivinicole (BIVB, CIVJ), avec le soutien de collectivités territoriales, partage une vision plus nuancée, à l'aune du changement climatique :
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« L'augmentation des températures et la raréfaction de l'eau affectent la qualité des vins, en augmentant leur degré d'alcool et en diminuant leur acidité. Nous devons nous concentrer sur la création de vins fins et subtils, plutôt que de nous engager dans une production de masse de vins sans alcool ».
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Amandine Ibled