La ville de Nantes veut devenir une destination exemplaire dans la lutte contre le gaspillage alimentaire lors des conférences, séminaires et autres événements professionnels. « Ce sont parfois jusqu'à 10% de repas qui sont jetés », observe le Bureau des Congrès.Chaque année, 4 millions de tonnes de produits encore comestibles sont jetées en France, soit l'équivalent de 24 kilos par personne, selon l'Ademe. Or, toujours selon l'agence de l'environnement, 20% des personnes inscrites à un événement ne s'y rendent pas quand celui-ci est gratuit, ce qui engendre 140 grammes de déchets alimentaires par convive, soit 14 kilos pour une conférence réunissant 100 personnes. Dès lors, comment réduire significativement le gaspillage alimentaire lors des congrès, séminaires et autres événements professionnels ?
Le Bureau des Congrès de Nantes Saint-Nazaire, qui fédère des acteurs institutionnels, grands équipements et acteurs privés du tourisme d'affaires, veut relever ce défi. « Le secteur événementiel a un rôle à jouer pour participer à la transformation de la filière à l'heure de l'urgence climatique. Nous avons décidé de nous mettre en ordre de marche pour réduire drastiquement le gaspillage alimentaire. Nous n'avons pas la prétention de l'éradiquer. Ce que l'on souhaite c'est que la chaîne de valeur puisse être au diapason », affirme Olivier Le Floch, son directeur, lors d'un échange avec La Tribune.
« Un sérieux problème de conscience »
Ainsi, le Bureau des Congrès de Nantes Saint-Nazaire et ses 91 membres ont présenté un objectif : mesurer les déchets de dix événements, « du séminaire de direction à 25 personnes à l'événement de 5 000 participants », poursuit Olivier Le Floch. Et le constat est sans appel. « Nous avons comptabilisé 125 grammes de déchets par convive et constaté que trois fois plus de déchets sont générés lors d'un cocktail apéritif suivi d'un repas assis que lors d'une prestation unique repas assis. De plus, la moyenne de déchets générés par convive n'est pas plus importante pour les grands événements que pour les petits. » Gilles Poussier, fondateur de l'agence événementielle Gens d'évènement à Nantes complète : « Ce sont parfois jusqu'à 10% de repas qui sont jetés sur un événement de 3.000 participants. Cela pose un sérieux problème de conscience. »