Paris choisit ses poussins de la FoodTech

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Smart Food Paris se penchera aussi sur les solutions pouvant améliorer les résultats des professionnels de la restauration.
Smart Food Paris se penchera aussi sur les solutions pouvant améliorer les résultats des professionnels de la restauration. (Crédits : Pexels/CC0 License.)
Les vingt startups qui intégreront la première promotion de Smart Food Paris, plateforme d'innovation lancée en janvier par la mairie de la capitale, ont été sélectionnées. Du nomadisme à la production locale, les principales tendances seront explorées.

Tracer les contenus d'un repas, obtenir un cocktail de vitamines sur mesure, être livré dans un stade, ou encore installer une ferme urbaine dans son entreprise... La FoodTech parisienne regorge de solutions pour améliorer le quotidien alimentaire des habitants de la métropole en matière de goût, de confort, de santé et d'impact écologique. Des innovations désormais considérées comme indispensables pour maintenir la compétitivité de l'agro-alimentaire français, mais qui souvent peinent  à percer dans le marché par manque de moyens de leurs inventeurs. Afin de nourrir ce potentiel, la mairie de Paris met la main à la pâte, avec la création de la plate-forme Smart Food Paris, officiellement lancée en janvier et destinée selon Anne Hidalgo à devenir "le lieu de référence parisien de l'innovation dans le monde de l'alimentation".

L'identité des vingt startups qui bénéficieront de l'offre d'incubation, comprenant une subvention pouvant aller jusque 30.000 euros en phase d'amorçage (puisée dans un fonds créé par la Ville de Paris et Bpifrance), ainsi que l'instauration d'un lien privilégié avec les entreprises partenaires (Carrefour, Danone, Elior, Up. L, Groupe Seb, Michelin, Groupe Pomona), a été révélée jeudi 9 juin. Elles ont été sélectionnées parmi des centaines de candidatures, "en fonction du caractère novateur de leur idée ainsi que de la qualité de leurs équipes", explique Clément Chevrette, chef de projet chez Paris&Co, l'agence de développement économique et d'innovation de Paris qui pilote l'initiative.

Agriculture urbaine et transparence

Alimentation individualisée voire "fonctionnelle", repas nomades, production locale, circuits courts de distribution... les principales pistes d'innovation correspondant aux évolutions de la demande et des besoins seront explorées à Smart Food Paris, et tout au long de la chaîne alimentaire. L'agriculture urbaine, par exemple, censée répondre à la nécessité de "verdir" les villes tout en fournissant à leurs habitant des produits locaux, est représentée tant sous sa déclinaison professionnelle de "ferme verticale" (exploitée par Agripolis) que sous la forme d'offre domestique (proposée par Prêt à Pousser).

Les solutions répondant à la demande croissante de transparence des consommateurs feront aussi partie des innovations privilégiées, avec des plateformes d'information alimentaire comme ClearKarma ou des applications comme Kwalito, permettant de vérifier la composition des aliments qui arrivent dans nos assiettes. Ainsi que les offres de produits répondant à des besoins particuliers, comme les microalgues (proposées par Algama) ou les vitamines (fabriquées par Bloomizon).

Smart Food Paris explorera néanmoins aussi les solutions pouvant améliorer les résultats des professionnels de la restauration, par exemple grâce aux applis Extracadabra, solution de mise en relation flexible entre restaurateurs et demandeurs d'emploi, ou Digifood, visant à élargir les possibilités de livraison de repas à des lieux publics. L'organisation d'événements mettant en avant les restaurateurs locaux est aussi proposée par Le Food Market. La dimension sociale, en outre, trouvera sa place dans la plate-forme grâce à des initiatives telles que Nos Grands-mères ont du talent, enseigne de restauration à emporter favorisant l'emploi des seniors, ou Les Cuistots Migrateurs, proposant des plats mitonnées par des chefs réfugiés de Syrie, Iran, Sri Lanka...

Une société préservant le lien avec l'alimentation

Lors de la cérémonie d'inauguration, Olivia Polski, adjointe à la maire de Paris chargée du commerce, de l'artisanat, des professions libérales et indépendantes, a tenu à souligner le fil commun reliant cette diversité de projets: "Cette promotion illustre la volonté de Anne Hidalgo de voir émerger une société moderne mais humaine, préservant le lien avec l'alimentation et combinant innovation et tradition", a-t-elle déclaré.

Situé dans dans le XXe arrondissement, Smart Food Paris se veut d'ailleurs plus qu'un simple incubateur. Il poursuit aussi l'objectif de devenir un lieu de rencontres, voire de "rassemblement identitaire de la communauté des innovateurs et entrepreneurs intéressés par la problématique", selon la formule utilisée par le communiqué de lancement en janvier : startups et grandes entreprises, mais aussi restaurants et commerces alimentaires, amoureux de cuisine et gastronomes, institutions, qui devraient tous profiter de l'écosystème.

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