De plus en plus de consommateurs sont prêts à acheter de la farine française entre 6 et 9 fois le prix standard, pour les qualités nutritionnelles de cette dernière. Un nouveau marché vu comme très prometteur par les meuneries et artisans boulangers qui exportent outre-Atlantique.Un kilogramme de farine vendu six à neuf fois son prix en rayon. Voilà ce que sont prêts à débourser certains Américains pour obtenir cette matière première, venue directement de l'Hexagone. « Il y a un vrai engouement autour de la qualité française », affirme Barbara Cannamela, une boulangère originaire de Provence et qui a ouvert sa boulangerie Kneady Bakery à Los Angeles en septembre pour y vendre des spécialités françaises.
Avec ces 350 clients réguliers, cette cheffe d'entreprise vend 200 kilogrammes de farine par mois à 9 dollars le kg. A titre de comparaison, la farine traditionnelle se commercialise à un peu plus de 1 dollar en supermarché. Un prix justifié par « une forte demande, un manque d'offre et un coût d'importation élevé », justifie l'artisane qui fait venir son or blanc directement de la minoterie Dupuy Couturier, basée à Saint-Etienne, pour 3 euros le kilogramme.
Cette forte demande, Justin Ward la constate aussi. Ce chef et boulanger américain a longtemps travaillé dans l'Hexagone, avant de ramener dans ses valises de la farine française. Commandant directement à la minoterie Girardeau, basée près de Nantes, ce formateur qui a monté sa propre école de cuisine itinérante en mars dernier vend 300 kg de farine par mois à ses 2.500 clients, pour 6 dollars le kg. « Il y a un gros marché pour la farine française. Et pour les Américains, un prix élevé est signe de bonne qualité », explique-t-il.
L'Eldorado des artisans français
La farine made in France dont raffole de plus en plus d'Américains souhaitant faire leur pain eux-mêmes, n'est pas n'importe quelle farine. « C'est le haut de gamme. Celle de moulins indépendants qui vendent aux boulangeries artisanales, pas celle de la grande distribution », précise Justin Ward. Après ses débuts en tant que chef itinérant aux États-Unis, il a remarqué que nombre de ses clients se plaignaient de ne pas digérer le pain américain, mais supportaient le pain français.