De nouvelles données publiées par l'Insee confirment que, dans l'ensemble, le taux de marge de l'industrie agroalimentaire a augmenté sur cette période. Mais certains secteurs et certaines structures en ont particulièrement profité.Qui s'enrichit tout au long de la chaîne alimentaire, aux dépens des agriculteurs et, en période d'inflation, des consommateurs ? Au moment où s'ouvrent les négociations commerciales entre ses différents maillons, de nouvelles données sur cette question très sensible et controversée, publiées par l'Insee le 5 décembre, non seulement confirment que les marges réalisées par l'industrie agroalimentaire ont augmenté au moment du passage d'une longue période de déflation à une inflation galopante des prix alimentaires. Elles révèlent également d'importantes disparités entre entreprises, en fonction de leur secteur d'activité et de leur structure.
L'évolution du taux de marge des entreprises est normalement mesurée au travers de données macro-économiques, explique l'Insee. Et la hausse de celui des agro-industriels avait d'ailleurs déjà été documentée dans les comptes nationaux trimestriels qui, entre fin 2021 et début 2023 - années d'accélération de l'inflation-, faisaient état d'une augmentation de la marge brute de l'industrie agroalimentaire déjà spectaculaire : de 28% à 48%.
La fabrication de boissons génère le plus de marges
La toute dernière étude de l'Insee, en revanche, est réalisée directement à partir des données de comptabilité d'entreprises. Si elles sont par nature moins récentes, elles permettent une plus grande segmentation. Ainsi calculé, entre 2019 et 2022, le taux de marge de l'industrie agroalimentaire a augmenté de 2,7%. Il atteint donc 31,2 %, malgré la crise sanitaire puis la hausse des prix des matières premières, observe l'Institut national de statistique et d'études économiques.
Cette hausse a profité deux fois plus à la fabrication de boissons, dont le taux de marge est passé de 45,5% à 49,3% entre 2019 et 2022, qu'à l'industrie alimentaire, qui l'a vu seulement évoluer de 24,3% à 26,5%. Et les disparités sont aussi marquées à l'intérieur de chacun de ces secteurs.