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Près d'un tiers des poissons pêchés en France font encore partie de la surpêche

latribune.fr

Publié le 09 février 2023 à 14:52 - Mis à jour le 09 février 2023 à 14:57

Poissons, pêche

Seul 51% des poissons pêchés dans l'Hexagone étaient issus de populations durables en 2021.

DR

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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La part de la pêche de poissons non menacés représente une courte majorité, avec 51% du total des poissons pêchés dans l’Hexagone en 2021, constate l'Ifremer. Une part qui n’a pas augmenté entre 2021 et 2020 et qui fait à peine mieux que 2020. 33% des poissons pris dans les filets concernent encore des cas de surpêche.

La pêche durable a du mal à faire son chemin vers les tables des Français. En 2021, la part des débarquements issus de populations de poissons exploitées durablement en France métropolitaine s'établit à 51%, soit trois points de plus qu'en 2020 où cette part était de 48%, selon le dernier bilan de l'Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer (Ifremer), publié ce jeudi 9 février.

Dans le détail, 51% des débarquements sont issus de populations de poissons considérées comme en bon état ou reconstituables, 33% sont surpêchées et 2% effondrées, le reste (24%) étant non évalué ou non classifié.

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Des poissons inégalement péchés

Pour rappel, parmi les populations en bon état, figurent le merlu du Golfe de Gascogne et de Mer du Nord, les coquilles Saint-Jacques, les baudroies, le hareng, le rouget de Méditerranée ou la raie fleurie. Le thon rouge est jugé en voie de reconstitution avec des niveaux de biomasse revenus au niveau des années 70. La sole du Golfe de Gascogne, auparavant surpêchée, est considérée comme reconstituable grâce aux « efforts de gestion ». La sardine du Golfe de Gascogne, auparavant effondrée, est désormais classée comme « surpêchée et dégradée », tandis que le cabillaud de la Mer du Nord et le merlu de Méditerranée sont toujours estimés comme « effondrés ».

Dans son dernier rapport, l'Ifremer a également dressé pour la première fois le bilan annuel de l'état des poissons pêchés dans les départements d'Outre-mer, qui révèle un diagnostic très contrasté, avec surtout un manque de connaissances scientifiques sur une grande partie des populations de poissons.

Ainsi, en Guadeloupe, en Martinique ou à Mayotte, entre 62% et 79% des populations de poissons ne sont pas évaluées. A la Réunion, 51% des populations sont en bon état et 40% surpêchées et dégradées. En Guyane, 40% des populations sont en bon état, 29% surpêchées et 6% surpêchées et dégradées. « Pour la plupart des espèces côtières, il faut renforcer leur suivi pour permettre une gestion durable », a expliqué Alain Biseau, biologiste des pêches à l'Ifremer lors d'une conférence de presse en ligne.

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Un objectif de pêche 100% durable loin d'être atteinte

Pour éviter la disparition de certaines espèces de poissons, l'Union européenne, dans sa politique commune de la pêche initiée en 1983 et révisée en 2002 a affiché un objectif de 100% de populations pêchées au « rendement maximum durable », c'est-à-dire à une quantité optimale qui ne porte pas atteinte à la capacité de reproduction de la population de poissons. Problème, cet objectif aurait dû être atteints en 2020. « On en est encore assez loin. C'était l'objectif pour 2020. On n'y est pas », a constaté Alain Biseau,  Ce dernier souligne que la stagnation constatée ces dernières années « contrarie l'idée qu'on peut atteindre cet objectif dans un avenir proche ».

La situation s'est nettement améliorée depuis 2000, année où seulement 20% des débarquements étaient issus de la pêche durable. Mais « depuis 2017, la part des débarquements provenant de populations non surpêchées a tendance à se stabiliser », a constaté Alain Biseau.

En septembre 2020, l'UFC-que-choisir a mené une enquête montrant une trop grande part de poissons non durables dans les rayons des supermarchés. Ses relevés montraient que les « deux tiers des poissons sont capturés dans des stocks déjà surexploités », essentiellement au chalut (74%). Au rayon surgelé, la situation était « encore plus catastrophique », 95% des poissons examinés n'étant pas issus de la pêche durable, selon l'UFC-Que choisir. Plus de la moitié des lieux de vente étudiés (55%) proposaient par ailleurs au moins une des quatre espèces qui se trouvaient au moment de l'étude en période de reproduction, « participant ainsi à la fragilisation de ces stocks ». Pour le Comité national des pêches maritimes et des élevages marins (CNPMEM), au contraire, « la durabilité de la pêche française se confirme depuis plusieurs années avec reconstitution des stocks comme souligné par la Commission européenne elle-même et des stocks de plus en plus nombreux au RMD (le rendement maximal durable, soit la quantité de poissons qu'il est possible de pêcher sans affecter la capacité de la population à se reproduire, ndlr) », expliquait l'organisation peu après l'enquête.

Réduire les taux d'exploitation

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Aujourd'hui, « c'est un défi pour nous scientifiques. Nos prévisions sont peut-être parfois trop optimistes », a ajouté Alain Biseau, précisant que les modèles n'intégraient peut-être pas suffisamment « toutes les incertitudes, notamment liées aux variations environnementales comme le changement climatique ». Pour être certain d'atteindre 100% de pêche durable dans un avenir proche, « peut-être qu'il faudrait envisager de réduire un tout petit peu le taux d'exploitation », a-t-il suggéré.

(Avec AFP)

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