Eolien, pêche, tourisme... : Ailes Marines (Iberdrola) va développer des projets à « plusieurs millions d'euros » avec la Région Bretagne

INTERVIEW. Le partenariat est inédit : via un programme baptisé IBReizh et co-piloté par la Région Bretagne, la société Ailes Marines s’engage à financer des projets de développement économique, notamment en Côtes-d’Armor. Filiale de l’espagnol Iberdrola, l’opérateur du parc éolien offshore de la baie de Saint-Brieuc investira dans des actions liées aux énergies marines mais aussi à la pêche ou au tourisme. Explications avec Stéphane Alain Riou, son directeur Développement et Territoire.
En juillet 2022, Ailes Marines a installé la sous-station électrique (OSS) du parc éolien off-shore en baie de Saint-Brieuc, la première de Bretagne. En parallèle à la construction du parc, la filiale d'Iberdrola s'engage, dans le cadre du programme IBReizh co-piloté par le Conseil régional, à financer des projets économiques locaux en lien avec le maritime et la transition écologique.
En juillet 2022, Ailes Marines a installé la sous-station électrique (OSS) du parc éolien off-shore en baie de Saint-Brieuc, la première de Bretagne. En parallèle à la construction du parc, la filiale d'Iberdrola s'engage, dans le cadre du programme IBReizh co-piloté par le Conseil régional, à financer des projets économiques locaux en lien avec le maritime et la transition écologique. (Crédits : Ailes Marines)

Dévoilé aux élus régionaux lors de la commission permanente du Conseil régional de Bretagne, le 26 septembre dernier, un projet de convention entre Ailes Marines, l'opérateur en charge du déploiement, en cours, du parc éolien offshore de la baie de Saint-Brieuc, et la Région Bretagne a été signé mardi 29 novembre 2022 à Rennes.

Baptisé IBReizh et co-piloté par le Conseil régional, ce partenariat inédit de développement territorial vise à donner vie à des projets économiques locaux en lien avec le maritime et la transition écologique.

La filiale de l'énergéticien espagnol Iberdrola financera, sur une durée de sept ans, renouvelables, et à hauteur d'une dizaine de millions d'euros, des projets dans les énergies marines et d'autres relevant de la préservation de l'environnement ou de la biodiversité marine et côtière.

Stéphane Alain Riou, le directeur Développement et Territoire d'Ailes Marines détaille pour La Tribune les raisons de cet engagement, alors que la construction du parc éolien continue de faire des vagues parmi ses opposants.

LA TRIBUNE - Sur une première durée de sept ans, Ailes Marines va financer intégralement ou co-financer, via le programme IBReizh, des projets de développement territorial. Comment est né ce partenariat avec la Région Bretagne ?

Stéphane Alain Riou - Cette action s'inscrit dans le prolongement des engagements sur l'ancrage territorial du projet stipulés dans le dossier de candidature pour le parc éolien de Saint-Brieuc en 2011. Le lauréat devait s'insérer dans le territoire et accompagner les activités économiques. Ailes Marines, qui deviendra fin 2023 le plus grand énergéticien breton, revendique une démarche volontariste. Nous sommes légitimes sur les thèmes de l'énergie et de la mer, et avec la Région Bretagne, il nous a paru intéressant de monter un programme-cadre entrant en synergie avec la stratégie économique régionale.

Sur quels critères allez-vous sélectionner ces projets, dans quelles thématiques ? Quelle somme allez-vous investir ?

Nous allons nous appuyer sur le réseau du Conseil régional, opérateurs locaux, pôles de compétitivité (Bretagne Ocean Power, Bretagne Pôle Naval) afin de faire remonter des projets dans quatre thématiques : la filière pêche et aquaculture, le développement économique (EMR, hydrogène) et la formation, le tourisme industriel, qui par exemple existe déjà un peu depuis cet été autour du parc en construction, et la biodiversité et l'environnement.

Une fois les projets identifiés, la Région, qui jouera le rôle de facilitateur dans la mise en œuvre, et Ailes Marine étudieront la manière de les financer ou co-financer. Le programme sera doté de « plusieurs millions d'euros ».

Pourquoi privilégier davantage le département des Côtes-d'Armor ?

L'objectif est de cibler d'abord les possibilités d'accompagnement dans le département des Côtes-d'Armor parce que cela est cohérent avec la localisation du parc éolien offshore. À projet équivalent, priorité sera donnée au Côtes-d'Armor. Mais nous jouons aussi la carte régionale.

Deux premiers projets ont déjà été sélectionnés, dont un en appui à la filière pêche et aquaculture ?

Deux accords de partenariats seront signés dans les semaines à venir. L'un avec la fondation Breizh Biodiv, créée en en décembre 2020 sous l'égide de la Fondation pour la nature et l'homme de Nicolas Hulot afin de soutenir des actions de transition environnementale. Ailes Marines dépense 2 millions d'euros par an dans le suivi environnemental du parc. La diffusion de nos études peut aussi nourrir des projets particuliers.

Le deuxième accord sera conclu avec le Comité régional de la conchyliculture Nord (CRC Nord) pour un projet de R&D dans le domaine de l'ostréiculture et l'implantation d'une nouvelle filière au sein des parcs éoliens.

La construction du parc éolien de Saint-Brieuc suscite encore des remous parmi ses opposants. Le financement d'actions sur le territoire est-il une façon de faire accepter le projet et redorer l'image d'Ailes Marines ?

Que n'aurait-on dit si nous n'avions rien fait ! Chacun joue sa partition. En tant qu'acteur de la transition énergétique, Ailes Marines a toujours exprimé sa volonté de soutenir le développement des territoires et de renforcer les activités économiques de la Bretagne. Le chantier génère 1.500 emplois directs en France, dont 500 en Bretagne. Notamment sur le site portuaire de Brest où 40 nouveaux emplois ont été créés par l'assembleur Haizea Breizh. Et c'est sans compter sur nos actions de formation et l'installation prochaine de notre centre de maintenance à Étables-sur-Mer (bureaux et stockage) et sur le port de Saint-Quay Portrieux (embarquement des personnels et techniciens). Cette approche originale d'accompagnement initiée avec la Région est d'ailleurs en train de faire école dans les nouveaux appels d'offres.

Les 62 éoliennes (496 MW de puissance installée) produiront l'équivalent de la consommation annuelle en électricité de 835.000 habitants. Tiendrez-vous le calendrier de livraison ?

24 fondations-jackets sur 62 ont été installées, ce qui représente environ 30% du parc. Le navire Aeolus a foré et équipé de trois pieux plus des deux tiers des positions d'éolienne. Mi-décembre démarrera la campagne de pose des câbles inter-éoliens. Nous sommes confiants sur le déroulement du chantier et l'objectif de livrer le champ à la fin décembre 2023 pour une mise en service au premier trimestre.

Outre les appels offres AO6 Méditerranée et AO4 Normandie, Ailes Marines est candidat à l'appel d'offres du premier parc éolien flottant en mer en Bretagne Sud (AO5). Mi-novembre, Shell a annoncé son retrait du projet de ferme pilote entre Groix et Belle-Ile. Le Conseil régional incite les candidats au parc flottant à transformer ce projet de trois éoliennes flottantes en centre d'essais pour la production d'hydrogène vert. Qu'en pensez-vous ?

Bien que notre maison mère Iberdrola soit déjà engagée dans des projets d'hydrogène vert, Ailes Marines trouve plus intéressant de maintenir le concept de pilote-démonstrateur afin de pouvoir réaliser les essais qui seront utiles à cette filière flottante toute nouvelle.

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