Renault affronte la riposte judiciaire des trois cadres " espions "

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Le parquet a annoncé vendredi l'ouverture d'une enquête préliminaire de police sur l'espionnage industriel dont Renault aurait été victime pour son programme électrique de la part d'une puissance étrangère et pour lequel le constructeur automobile a porté plainte contre X.

Ce mauvais film d'espionnage présumé chez Renault pourrait s'appeler : les cadres se rebiffent. En effet, les trois cadres de Renault licenciés dans l'affaire d'espionnage industriel présumé ont annoncé le dépôt d'une plainte pour dénonciation calomnieuse ou diffamation, selon les cas. Le dernier en date est Matthieu Tenenbaum, ex-directeur adjoint du programme véhicules électriques du groupe, qui a décidé de porter plainte pour dénonciation calomnieuse. "Je conteste totalement, je réfute vraiment tout ce que je lis dans la presse. Cela m'est même complètement étranger. Je ne m'explique pas qu'on puisse m'accuser de choses comme ça", a-t-il dit sur Europe 1. Matthieu Tenenbaum a affirmé n'avoir aucun compte bancaire à l'étranger, contrairement aux éléments évoqués par la presse.

Dans un communiqué de ses avocats, Michel Balthazard avait auparavant marqué sa volonté "d'engager toutes les actions judiciaires qui lui sont permises pour poursuivre les personnes et les actes qui ont gravement porté atteinte à son honneur". Me Pierre-Olivier Sur est sur le point de déposer une plainte pénale en dénonciation calomnieuse pour le directeur de l'amont et des projets de Renault, précise le texte. Parallèlement, Me Xavier Thouvenin saisira les prud'hommes pour contester le bien-fondé du licenciement du cadre de Renault pour faute lourde. "Michel Balthazard - étant absolument et complètement innocent des faits qui lui sont reprochés - est dans le devoir de saisir la justice pénale et civile pour qu'il soit dit et jugé que, dans cette affaire trouble, il est innocent et victime", disent ses avocats.

Mardi, l'avocat de Bertrand Rochette, bras droit de l'ex-directeur de l'amont et des projets, avait déjà annoncé l'intention de son client d'engager une action en diffamation. "L'objet de la présente citation est de faire constater par le tribunal et condamner la lettre (de licenciement) du 14 janvier 2011 comme constitutive d'une diffamation non publique envers lui et de fixer la réparation qui lui est due", peut-on lire dans la demande de Me Christian Charrière-Bournazel. L'avocat a indiqué que les deux autres avocats de Bertrand Rochette préparaient un référé devant le conseil des Prud'hommes pour obtenir la réintégration de leur client au sein de Renault.

Le parquet a annoncé vendredi l'ouverture d'une enquête préliminaire de police sur l'espionnage industriel dont Renault aurait été victime pour son programme électrique de la part d'une puissance étrangère et pour lequel le constructeur automobile a porté plainte contre X. La procédure a été confiée à la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), spécialisée dans ces questions. Les trois cadres soupçonnés ont tous reçu leur lettre de licenciement.

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