Les Etats-Unis, fer de lance de la croissance insolente de Volkswagen

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Le groupe allemand affiche des ventes record pour 2012 et compte faire mieux en 2013. La plus forte croissance, dans les grands marchés, a eu lieu aux Etats-Unis, où Volkswagen était à l'agonie il y a quelques années. Le consortium entrevoit même un retour à l'équilibre financier dans cette région où il a tant perdu d'argent.

Martin Winterkorn l'a proclamé dimanche après-midi, veille de l'ouverture du salon de l'auto de Detroit: «le groupe Volkswagen a encore connu une année record, avec une croissance de 11,2% des ventes à 9,07 millions de véhicules. Nous avons surclassé nos rivaux. Le groupe s'est extrêmement bien développé dans des conditions difficiles». Le président du consortium germanique n'a pas le triomphe modeste. «Et encore nous n'incluons pas les résultats de MAN et Scania», les deux fabricants de poids-lourds détenus par Volkswagen.
Il est vrai que cette croissance apparaît insolite, voire insolente, alors même que les principaux concurrents sont à la traîne, en particulier les constructeurs français. Le consortium revendique désormais une part de marché de 12,8% dans le monde (voitures particulières).

Records des marques

Tous les marques, sauf l'espagnol Seat, arborent des chiffres historiques. La marque Volkswagen elle-même a crû de 12,7% l'an dernier à un record de 5,74 millions d'unités. La filiale haut de gamme Audi a progressé de 11,7% à 1,45 million, soit la «seizième année historique consécutive, à l'exception de 2009», a souligné Rupert Stadler, patron de la marque. Porsche, la nouvelle firme sportive du groupe intégrée depuis août dernier, a aussi battu son record, accroissant ses volumes de 18,7% à plus de 141.000 unités.

Renaissance aux Etats-Unis

Parmi les grands marchés, le consortium de Basse-Saxe dans son ensemble a surtout progressé... aux Etats-Unis. «C'est un solide pilier de notre croissance», a martelé Martin Winterkorn, soulignant: «nous sommes axés à 100% sur la croissance aux Etats-Unis». Le groupe de Wolfsburg a vu ses ventes augmenter de 30,6% l'an passé à 580.286 unités outre-Atlantique, battant son record de... 1970, au temps de la Coccinelle! Un joli succès alors que le groupe y était à l'agonie il y a encore quelques années. Les décennies 1980, 1990 et 2000 ont été catastrophiques, avec des pertes récurrentes. Produits inadaptés, qualité médiocre des produits importés du Mexique... Mais, «nous sommes repartis à l'offensive», affirme Martin Winterkorn. Tout d'abord, le groupe a investi «plus de quatre milliards de dollars depuis 2008. Et nous allons investir plus de 5 milliards d'ici à 2015 en Amérique du nord».

Nouveau 4x4

Volkswagen a ouvert en 2011 son usine de Chattanooga (Tennessee) avec un véhicule spécifique, la familiale Passat rallongée. Un deuxième véhicule pourrait y être produit. Le groupe présente justement ce lundi au salon un grand «SUV» (4x4) à sept places, le Cross Blue, un véhicule adapté, voire créé pour le marché américain. Même s'il ne s'agit pour l'instant que d'un prototype de salon. Même si le président de Volkswagen a refusé d'en dire plus, ce 4x4 pourrait être fabriqué à Chattanooga. La firme a aussi commercialisé dernièrement une compacte hybride, La Jetta essence-électrique, également formatée pour contrer la Toyota Prius outre-Atlantique. En 2012, Volkswagen a en outre inauguré un nouveau centre technique en Californie. «Nous comptons revenir à l'équilibre financier cette année dans nos opérations» outre-Atlantique, a enfin souligné le président du directoire qui y vise «plus de 600.000 ventes».

L'Europe à la traîne

Le groupe s'est également bien comporté en Asie-Pacfique l'an dernier (+23,3% à 3,1 millions d'unités) et en Amérique du sud (+8,2% à 1 million). Volkswagen est le numéro un des voitures particulières en Chine et le deuxième au Brésil. En Europe de l'ouest (hors Allemagne), il a reculé de 6,5% à 1,85 million, une baisse contrebalancée par la progression de 1,9% en Allemagne et de 17,6% en Europe centrale et orientale, sans parler d'une croissance de 39% en Russie, qui reste encore un petit marché pour le groupe. Pour 2013, Martin Winterkorn est resté prudent, pronostiquant toutefois «une croissance, surtout aux Etats-Unis, en Chine, en Amérique du sud». Bref, tout va plutôt bien, grâce essentiellement à une gamme extrêmement large et des produits de qualité, à haute technologie, avec une solide image pour Porsche, Audi et Volkswagen... Martin Winterkorn a réitéré l'objectif de devenir le numéro un auto mondial en 2018. Audi veut produire 1,5 million de véhicules par an au milieu de la décennie à travers notamment une deuxième usine en Chine et un site au Mexique. Et le label aux anneaux compte devenir la première marque haut gamme mondiale devant BMW à terme. Porsche vise carrément les 200.000 unités d'ici à 2018.

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Commentaires
a écrit le 22/02/2013 à 22:17 :
Pourquoi le terme insolent? de la jalousie dans l'air peut etre?
a écrit le 14/01/2013 à 14:25 :
ça pose la question de la compétitivité des patrons français dans ,entre autres ,ce domaine .
a écrit le 14/01/2013 à 12:28 :
tant mieux pour VW mais pour rappel aucun constructeur allemand n'a de site de production en France sauf la Smart en Moselle.
a écrit le 14/01/2013 à 9:51 :
Epatant tous ces chiffres comme quoi il ne faut pas baisser les bras, ces tricolores avec VW en tete seront sans aucun doute en 2018 les premiers exporteurs auto du monde. KIA est aussi bien place car leurs vehicules de bonne qualite a prix raisonnables et 7 ans de garantie prendront des parts de marche.FIAT sur place aura du mal a survivre..
Réponse de le 14/01/2013 à 12:59 :
KIA est même mieux placé que VW en rapport qualité/prix et imbattable avec sa garantie de 7 ans !
a écrit le 14/01/2013 à 9:49 :
Je demande au journaliste de bien vouloir me répondre : en quoi la croissance de Volkswagen est-elle insolente ? Pourquoi utiliser le terme dès lors que vous parlez de croissance ? Quel est le problème ?
Réponse de le 14/01/2013 à 10:43 :
Ce qui est franchouillard, c'est de ne pas comprendre et reconnaître l'échec du modèle économique Daciarenault ... Daciarenault est devenu l'emblème de la monumentale erreur industrielle et économique ... en matière d'erreur stratégique, le cas daciarenault va devenir un cas d'école pour les générations futures des piètres grandes écoles franchouillardes !
Réponse de le 14/01/2013 à 10:53 :
@encore un steretype....Excusez-moi de repondre pour Verdevoye.
Insolent car quand les autres constucteurs auto plongent dans le rouge ,les allemands font un carton partout, peu importe sur quel continent ils investissent, ils ont plein succes En Allemangne cela s'appelle EFFIZIENZ..Qualificatif inconnu en France.
Réponse de le 14/01/2013 à 12:57 :
@ hectopascal : +1, merci pour votre commentaire...

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