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Volkswagen casse les prix. Pour précipiter la chute des concurrents?

Alain-Gabrel Verdevoye

Publié le 16 novembre 2012 à 10:29

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Le groupe auto allemand pratique des taux d'intérêt plus bas que ceux de la concurrence. Ces crédits bon marché sont alimentés par l'abîme des taux d'intérêt entre l'Allemagne et ses voisins du sud, indique le Wall Street Journal. Volkswagen propose aussi des promotions agressives et des tarifs catalogue bien plus bas que par le passé.

Volkswagen mène-t-il une guerre commerciale sans merci pour détruire ses concurrents en difficulté? Un article du Wall Street Journal semble le démontrer. Le journal des affaires américain donne l'exemple d'un client italien intéressé par une Fiat 500 "offerte avec un crédit à 6% d'intérêt". Et ce, alors que Volkswagen lui proposait "0% avec des équipements comme le GPS". Du coup, l'acheteur a choisi la petite Up allemande (mais produite en Slovaquie). Volkswagen "transforme le malheur des pays surendettés en coup (d'État) sur les parts de marché". Avec, "pour arme inattendue des crédits bon marché, alimentés par l'abîme des taux d'intérêt entre l'Allemagne financièrement solide et ses voisins du sud". C'est ce "financement agressif, qui a aidé Volkswagen à accroître sa part de marché en Europe occidentale quand la crise de la dette a éclaté il y a trois ans", écrit le Wall Street Journal. "Volkswagen emprunte en effet trois fois moins cher que les concurrents comme Fiat ou Peugeot", argue le quotidien.

"Bain de sang"

Les taux d'intérêt ne sont pas la seule arme de Volkswagen, qui pratique aussi des promotions canon et des tarifs catalogue plus bas que par le passé. Il est loin le temps, il y a une dizaine d'années, où Volkswagen se vantait de vendre ses véhicules "8% plus cher que la concurrence française". Sergio Marchionne, administrateur délégué de Fiat, n'a-t-il pas d'ailleurs accusé récemment le numéro un automobile européen d'exploiter la crise actuelle pour gagner des parts de marché, moyennant une politique très agressive de rabais? "C'est un bain de sang sur les prix et un bain de sang sur les marges", accusait le patron du groupe italien, également président de l'ACEA (Association des constructeurs européens d'automobiles) pour l'année 2012. Une accusation hautement médiatisée, qui avait provoqué aussitôt l'ire du consortium germanique, lequel appelait à sa démission de la présidence de l'ACEA.

Prix catalogue tirés

Aujourd'hui, sur le marché français, Volkswagen propose il est vrai une petite Polo en version de base à un tarif bien inférieur à celui de la Peugeot 208. Même chose pour la compacte Golf vis-à-vis d'une 308. Il est clair que le groupe de Basse-Saxe profite de son énorme trésor de guerre généré par ses profits élevés pour se tailler des parts de marché au détriment des concurrents affaiblis. PSA, Fiat (sans Chrysler) ou Ford Europe perdent, eux, en effet de l'argent. Volkswagen peut se le permettre, vu son efficacité industrielle.

Produits de qualité

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Les prix agressifs du groupe n'expliquent pas, toutefois à eux seuls le succès de la firme de Wolfsburg. Il est clair que la qualité et l'attractivité de ses derniers modèles sont les premiers vecteurs de son succès. Il n'empêche. Si l'on peut destabiliser des rivaux malades, pourquoi s'en priver? Le groupe d'outre-Rhin détient aujourd'hui quasiment 25% du marché européen, très loin devant le numéro deux, PSA, à moins de 12%. Il y a dix ans, Volkswagen et l'ensemble de ses marques occupaient 18,2% du gâteau du Vieux continent, contre 15% à PSA. Les ventes mondiales du groupe  ont encore grimpé de 10,2% sur dix mois à 7,5 millions de véhicules. L'objectif proclamé de devenir d'ici à 2018 le premier constructeur automobile mondial risque en tous cas de déchaîner les ressentiments contre Volkswagen.

Alain-Gabrel Verdevoye

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