Fiat va fusionner avec Chrysler mais reste "trop petit"

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John Elkann, président de Fiat. Copyright Reuters
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Le groupe italien devrait fusionner avec l'américain Chrysler qu'il contrôle. Même si les négociations butent sur la valorisation de la firme du Michigan. Mais le consortium automobile talien reste "trop petit", affirme le président John Elkann. Une alliance avec un japonais est évoquée par les observateurs.

Fiat va fusionner avec l'américain Chrysler, qu'il contrôle aujourd'hui à 58,5%. C'est  "inévitable",  a affirmé ce mardi Sergio Marchionne, adiministrateur délégué du groupe italien, au terme de l'Assemblée générale des actionnaires. Mais "je ne vois pas la solution d'ici la fin du trimestre. J'espère que d'ici la fin de l'année, nous aurons davantage de certitude sur le moyen d'y parvenir", a-t-il dit. Il y a deux mois, Sergio Marchionne avait déjà annoncé qu'il comptait mener à bien la fusion de Fiat et Chrysler au cours de l'année 2014. "Avec Veba (ndlr: un fonds de retraites rattaché au syndicat automobile américain UAW qui est actionnaire de Chrysler), nous avons des opinions différentes sur la valeur de Chrysler, mais nous résoudrons le problème en 2014", avait alors assuré le patron opérationnel des deux groupes.

Une alliance japonaise?

Mais Chrysler ne suffit pas. Même avec l'américain, le groupe automobile piémontais est encore "trop petit" et "doit continuer de grandir", a déclaré par ailleurs ce mardi John Elkann, le président de Fiat. L'héritier de la famille Agnelli s'est toutefois bien gardé de dire avec qui il pourrait s'allier. Fiat a des coopérations en cours avec les japonais Suzuki et Mazda, qui, sur le papier, seraient des alliés idéaux pour Fiat-Chrysler, en termes de complémentarité géographique et technique. Mais, Suzuki, spécialiste des petits véhicules qui est notamment très bien implanté en Inde, demeure lié à Volkswagen, lequel détient 19,9% de son capital. Même si les relations entre Suzuki et l'allemand sont exécrables, le japonais aurait du mal à se rapprocher de Fiat, tant qu'il n'a pas dissous ses liens avec le groupe de Wolfsburg. Une procédure judiciaire est toutefois en cours. Suzuki achète depuis longtemps des moteurs diesel à Fiat et les relations techniques bilatérales sont qualifiées de bonnes par les deux parties. Une alliance à terme entre Fiat et Suzuki, sous réserve d'une dissolution des relations financières entre le japonais et Volkswagen, est régulièrement évoquée par les experts. .Quant à Mazda, également trop petit à l'échelle mondiale depuis qu'il n'est plus contrôlé par Ford, il va prochainement fabriquer un roadster au Japon pour le compte d'Alfa Romeo, une marque du groupe italien.

Pas assez implanté en Inde, en Chine

John Elkann souligne que Fiat  numéro sept mondial, a vendu quatre millions de véhicules dans le monde en 2012, réalisant un chiffre d'affaires de 84 milliards d'euros. Mais le constructeur éprouve des difficultés à s'établir sur les nouveaux marchés porteurs en Inde, en Chine ou  en Russie. L'an dernier, le consortium n'a ainsi livré que 103.000 voitures dans la région Asie-Pacifique. Ce qui demeure dérisoire. Cette année, Fiat prévoit un chiffre d'affaires compris entre 88 et 92 milliards d'euros - plus de la moitié de ce total provenant d'Amérique du nord - et des ventes mondiales entre 4,3 et 4,5 millions d'unités.

Davantage de fonds propres

Fiat a pris le contrôle opérationnel de Chrysler en 2009, alors que la société d'Aburn Hills était sous la protection du Chapitre XI (la loi américaine sur les faillites). L'italien est monté progressivement depuis dans son capital. Le turinois a annoncé début janvier qu'il allait porter sa participation au sein de Chrysler à 65,17% en exerçant une option pour acquérir 3,3% supplémentaires détenus par le fonds Veba,   lequel détient encore actuellement 16,6 % du constructeur du Michigan. "Même si Fiat dispose de la liquidité nécessaire à l'acquisition du reste de Chrysler et pour faire face à un marché européen difficile, à moyen et long terme, nous recherchons des moyens de renforcer la base de fonds propres de Fiat", a observé Sergio Marchionne.

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Commentaires
a écrit le 10/04/2013 à 11:59 :
A part que c'est Fiat qui controle Chrysler, alors que c'est GM qui a une part dans PSA.

Vu la valorisation de PSA, a peine 2 milliards, ils ne peuvent qu'etre une proie et non un predateur...
a écrit le 10/04/2013 à 8:35 :
Combien de ces mégafusions (dans divers domaines) ont déjà avortées ? ce n'est pas la rentabilité assurée
a écrit le 09/04/2013 à 17:35 :
Les Familles Agnelli et Peugeot, se connaissent bien ainsi que les dirigeants des deux groupes qui ont la meme culture d'entreprise. Il faudra bien que P.S.A trop petit également fusionne. Celà n'a que trop tardé : FIAT est allié avec Chrysler, et P.S.A avec Général Motors : ce qui compromet une telle Alliance. Reste une Fusion de P.S.A avec Renault-Nissan ou avec Mercedes, ou Mitsubischi : trop petit aussi, et de culture semblable à P.S.A. La situation globale de P.S.A est mortelle à moyen terme.

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