La première Twingo date de 1993. Elle avait frappé les esprits. En juin 2014, Renault lancera une Twingo III à moteur arrière qui devrait être tout aussi innovante. Voire encore plus!
La future Renault Twingo III sera "présentée au salon de Genève" début mars 2014, dont elle sera l'une des principales attractions, selon nos informations. "Les premières livraisons devraient intervenir en juin prochain", assure officieusement le constructeur. Même si le gros des immatriculations interviendra à partir de la rentrée 2014. La presse essayera les premiers exemplaires de série juste avant les vacances d'été.
La première Twingo avait incontestablement fait sensation, avec son style quasi-monospace très personnel, sa bouille sympathique et le regard inoubliable de ses phares rondouillards, ses coloris "flashy" et une publicité décoiffante du genre "Twingo, à vous d'inventer la vie qui va avec…". Sous la houlette d'Yves Dubreil, le fameux Directeur de projet célèbre pour ses bretelles colorées, la première Twingo répondait à un cahier des charges très serré. Il s'agissait de réaliser une voiture minimaliste, spartiate même, mais amusante, à l'intérieur ingénieux et spacieux pour son mini-gabarit (3,43 mètres de long à peine), économique et tenant bien la route, confortable et fonctionnelle avec un coffre modulable… tout en étant rentable !
Renault était alors parti d'un prix de vente estimé et avait conçu le projet de façon à dégager des marges en fonction de ce tarif. Et ce, alors que, jusque là, le prix de vente était plutôt fixé in fine par le coût des ingrédients mis dans la voiture. Un vrai changement de philosophie ! Pour diminuer les coûts, la Twingo I était d'ailleurs offerte en une seule motorisation (ancienne et plutôt poussive), une unique version - au démarrage -, avec une finition très « plastoc » mais gaie.
Elle n'a jamais gagné d'argent
Curieusement, Renault s'est trompé de cible. La Twingo n'a pas conquis les jeunes, contrairement aux prévisions du constructeur, mais a au contraire fait des ravages chez les plus de 40 ans, souvent comme deuxième voiture. Jeunes ou pas, la Twingo de première génération a en tous cas constitué un beau succès. Même si Louis Schweitzer, ex-PDG de Renault, nous a confié un jour que jamais la Twingo n'avait finalement gagné d'argent !
Newsletter
Industrie et service
Chaque jour à 13h, l’essentiel de l’actualité industrielle.
Produite essentiellement à Flins, en région parisienne, la Twingo a donné lieu à des séries spéciales attractives comme la très parisienne version Kenzo… Malgré des changements de motorisations et quelques modifications esthétiques mineures, cette première Twingo restera quasi-fidèle au modèle originel jusqu'à sa retraite en 2007… Une longue vie et 2,4 millions d'unités produites à la clé. Elle est d'ailleurs bizarrement toujours assemblée en Colombie au compte-gouttes (2.750 unités en 2012)...
Une Twingo II d'une tristesse affligeante
C'est au salon de Genève de mars 2007 que Renault a dévoilé sa Twingo II. Entre-temps, Carlos Ghosn avait succédé à Louis Schweitzer. Après l'ère des audaces stylistiques, des voitures originales voire caricaturales, place aux véhicules censément plus internationaux, c'est-à-dire inodores et passe-partout, histoire de ne déplaire à personne. Résultat : la Twingo II, assemblée à Novo Mesto (Slovénie) et non plus dans l'Hexagone, tranchait résolument avec sa devancière. A l'heure des Mini et des Fiat 500, quelle tristesse, quelle banalité affligeante !
Du coup, sa carrière, bien que dopée un temps par les primes à la casse, sera nettement plus fade que celle de sa devancière, à l'image de sa carrosserie et de son intérieur tristes et sans saveur. En revanche, force est de reconnaître qu'elle se révèlera autrement plus fiable… Il s'en est produit 765.000 entre 2007 et fin 2012, dont 93.700 l'an dernier. Restylée à l'avant en 2011, elle offre désormais un avant un peu plus personnalisé, mais ça n'a pas suffit à relancer les ventes. En fin de vie, elle est aujourd'hui proposée entre 10.900 et 17.300 euros au catalogue en France.
La Twingo III marquera en effet le retour à une architecture inaugurée par la Régie… en 1946 avec la 4CV et abandonnée au tout début des années 70 avec la fin de la R10. Le moteur arrière a l'avantage de repousser les roues aux quatre coins de la carrosserie, gage d'une grande surface de plancher et donc d'un volume intérieur de haut niveau dans un encombrement contenu. La présence d'un double plancher s'accompagnera d'une position de conduite en hauteur.
Daimler a décidé de coopérer avec Renault pour ses futures Smart, afin d'obtenir enfin les économies d'échelle qui permettraient à cette branche, créée en 1998, d'être enfin bénéficiaire. Quant à Renault, il espère aussi avec cette collaboration gagner enfin de l'argent avec ce petit véhicule.