La marque au trident, filiale de Fiat, annonce 22.500 commandes sur neuf mois. Maserati n'avait vendu que 6.288 voitures en 2012. Entre 2013 et 2014, la firme de Modène aura lancé trois nouveaux modèles, dont les berlines Quattroporte et Ghibli déjà commercialisées.
Maserati... La prestigieuse marque italienne de voitures de sport créée il y a 99 ans et qui fut si longtemps moribonde. Et bien, dans cette Europe en crise, la firmede Modène se porte de mieux en mieux. La filiale du groupe Fiat a annoncé mardi avoir déjà engrangé 22.500 commandes sur les neuf premiers mois de l'année. Pas mal, alors que le constructeur transalpin n'avait écoulé que 6.288 voitures sur toute l'année 2012.
Une limousine nommée Quattroporte
"Nos investissements commencent à payer", a affirmé Harald Wester, patron de la firme au trident, qui aura investi 1,5 milliard d'euros sur la période 2011-2014. Son précédent record de ventes, autour de 9.000 voitures annuelles, remontait à... la fin de la précédente décennie.
La Quattroporte, présentée au dernier salon américain de Detroit en janvier, est une magnifique limousine de 5,26 mètres de long, destinée essentiellement à l'Amérique du nord et à l'Asie. Avec, comme porte-drapeau, un moteur d'origine Ferrari V8 bi-turbo de... 530 chevaux. Ce modèle est proposé depuis le printemps à des tarifs entre 109.500 euros en V6 et 148.400 en V8. La Quattroporte rivalise avec les versions longues des Mercedes S ou Jaguar XJ.
Ghibli et Levante au programme
Le label italien a présenté dans la foulée en avril 2013, au salon de Shanghai, une nouvelle berline sportive Ghibli de 4,90 mètres de long. Une très belle voiture aussi, puissante et raffinée, un peu plus petite que la Quattroporte et développée sur la même plate-forme (d'origine Chrysler). Elle est proposée avec une gamme de moteurs V6 bi-turbo (330 et 410 chevaux en essence), une boite automatique à huit vitesses et une transmission intégrale aux quatre roues sur la version la plus puissante.
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La Ghibli est également la première Maserati de l'histoire à recevoir un diesel... de 275 chevaux. La version à gazole est même la moins chère de la gamme, puisqu'elle démarre à 66.500 euros (tout de même!). Produite aux côtés de la Quattroporte dans l'ex-usine du carrossier Bertone à Grugliasco (banlieue de Turin), cette voiture de prestige est livrable depuis l'été. La firme escompte 20.000 ventes annuelles de Ghibli par an, dont 6 à 800 en France.
Maserati, à l'histoire mouvementée, est souvent passé près de la disparition. La marque a connu son heure de gloire avec les victoires en course du pilote argentin Juan Manuel Fangio dans les années 50, puis avec les emblématiques modèles des années 60. En 1968, la firme passa sous le contrôle de Citroën à qui il fournira le beau (et fragile) moteur six cylindres de la SM. Mais, au milieu des années 70, Citroën au bord de l'abîme et victime de l'insuccès de la SM dut abandonner la firme italienne à son sort.
Celle-ci vivotera de reprise en reprise - elle passera même sous la houlette de l'américain Chrysler (!) dans les années 80. Enfin, en 1993, c'est Fiat qui reprendra son destin en mains. Après bien des errements, la marque est in fine regroupée depuis 2006 dans un pôle commun avec Alfa Romeo, la firme d'origine milanaise reprise elle-même par Fiat en 1986.
Des marges encore faibles
Désormais au coeur de la stratégie haut de gamme du groupe Fiat impulsée par son administrateur délégué Sergio Marchionne, Maserati dispose d'une palette de nouveautés à faire pâlir de jalousie Fiat ou Alfa Romeo.
Les marges du label chic et sportif sont encore très restreintes. Elle n'atteignaient au premier semestre que... 1%. Mais les investissements pèsent forcément sur les profits. Heureusement, ses résultats sont comptabilisés avec ceux de sa marque soeur Ferrari. Ensemble, les deux firmes affichent une marge beaucoup plus honorable de 11,5%. Soit le niveau d'Audi ou BMW. Même si on est loin des plus de 18% de Porsche.