Moins coûteux, plus écologique, plus simple... le rétrofit électrique, qui consiste à remplacer le moteur et le réservoir d'une voiture thermique par un moteur électrique et une batterie, avait tout pour plaire. En mars 2020, le gouvernement français a décidé d'autoriser la mise en circulation des véhicules dits « rétrofités » après homologation. Trois ans plus tard, la filière s'organise par petites touches, bien loin des productions industrielles et encore loin d'une rentabilité financière. Aujourd'hui, on compte quelques centaines de voitures immatriculées en France. Avec le calendrier des zones à faibles émissions qui se rapproche, cette filière semble connaître un regain d'intérêt ces derniers temps. Elle affiche une ambition claire par la voix de Clément Fleau, coprésident de l'association des Acteurs de l'industrie du rétrofit électrique (Aire) : « dans 10 ans, nous aimerions que 3% du parc automobile soit rétrofité, soit 1,2 million de véhicules en France ».
Les constructeurs français ont d'ailleurs pris les devant. Stellantis a annoncé fin décembre un partenariat avec l'entreprise Qinomic pour le rétrofit des véhicules utilitaires légers pour une commercialisation en 2024. De son côté, Renault a commencé la production de véhicules utilitaires rétrofités cette année sur ses modèles Trafic et Master, en partenariat avec la startup iséroise Tolv, anciennement Phoenix Mobility.
En janvier, la marque au losange a annoncé un second partenariat avec l'entreprise R-fit pour la fabrication de kits électriques à destination de ses modèles iconiques comme la R5 ou la Twingo première génération. Ces anciens modèles reliftés à l'électrique verront le jour en 2024.
Pour l'heure, les autres constructeurs automobiles ne se sont pas lancés dans la création d'une filière de rétrofit, considérant trop difficile et trop marginal ce secteur et préférant s'orienter vers de nouveaux modèles électriques.