En visite au Mondial de l’Auto de Paris ce jeudi, Marc Ferracci, le ministre de l’Industrie, s’est dit préoccupé par « les difficultés qui touchent la filière », et en particulier celles des équipementiers et des sous-traitants.Il y avait foule, ce jeudi, au quatrième jour du salon de Paris. A en juger par l'encombrement des travées, les Français sont venus en nombre pour découvrir les dernières nouveautés de Renault, Peugeot, Dacia, Citroën, BMW ou encore BYD. De quoi conforter le « on aime la bagnole, et moi je l'adore ! », véritable cri du cœur poussé par Emmanuel Macron, il y a un an.
Problème : derrière les paillettes, le secteur, qui rassemble 340.000 emplois dans l'Hexagone, souffre. Il est menacé tant par l'agressivité de la concurrence chinoise, que par le trou d'air des ventes de voitures électriques, où des investissements colossaux ont pourtant été consentis. En visite au Mondial ce jeudi, Marc Ferracci, le ministre de l'Industrie, s'est dit préoccupé par « les difficultés de la filière ».
Outre les constructeurs, qui ont accumulé les « profit warning » ces dernières semaines - dont celui retentissant de Stellantis -, les équipementiers font particulièrement grise mine.
« C'est surtout les équipementiers, les sous-traitants de rang 1 et 2, qui sont en difficulté avec des menaces sur l'emploi », a rappelé Marc Ferracci lors d'un point presse.« Il y a des sites qui ferment, il y a des plans sociaux, on le sait », a-t-il renchéri.
«De fortes contraintes budgétaires»
Entre les salariés de Michelin inquiets sur le sort de trois usines, la liquidation judiciaire du spécialiste de l'emboutissage MA France au printemps, les départs de près de 300 personnes chez le fabricant de boites de vitesse Dumarey Powerglide, la fermeture de l'usine de jantes Impériales Wheels dans l'Indre, ou encore la volonté de Valeo de vendre deux usines de démarreurs et de systèmes de gestion de température, les mauvaises nouvelles s'accumulent. « Le salon de l'auto, c'est beaucoup de strass et de paillettes mais en réalité, c'est une filière entière qui est en train d'être rayée de la carte », a déclaré Sophie Binet, la secrétaire générale de la CGT, dont le syndicat organisait ce jeudi une manifestation devant le Mondial.