Automobile : le rapport Draghi redoute un déclassement de l'Europe
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L'industrie automobile du Vieux Continent est en danger. C'est, sans réelle surprise, ce qui ressort du rapport sur la compétitivité économique de l'Europe de Mario Draghi. Ce document, remis ce lundi à la Commission européenne par l'ancien patron de la BCE, alerte sur la menace d'un déclassement de ce secteur. L'automobile est traditionnellement « l'un des moteurs industriels » de l'UE, rappelle le rapport, soulignant qu'elle emploie près de 14 millions de personnes. Mais le secteur voit son « leadership traditionnel s'éroder », dans le sillage d'une « transformation rapide et profonde » du marché vers « la mobilité verte » et la place de plus en plus importante du numérique.
Les ventes du secteur souffrent, déplore d'abord le rapport. « La production automobile de l'UE a diminué en 2019 et pendant la pandémie de Covid-19, et elle n'a pas encore retrouvé ses niveaux antérieurs, rappelle-t-il. Les exportations de véhicules de l'UE ont chuté de 7,45 millions en 2017 à 6,26 millions en 2022, soit une baisse de 16 %. »
Comment expliquer cette dégringolade ? Le rapport affirme que « l'UE est à la traîne dans le domaine à croissance rapide des véhicules à énergie nouvelle », et notamment des voitures électriques. Cette situation profite à l'empire du Milieu, qui a un coup d'avance sur ce segment. « En 2022, la Chine a représenté 14% des véhicules importés dans l'UE, elle est devenue le plus grand fournisseur non-européen », relève le document.
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Le rapport considère que le choix de l'Europe d'en finir avec les voitures thermiques en 2035 a été déterminant. Cela a obligé les constructeurs à mettre les bouchées doubles dans la voiture électrique. Ils sont ainsi contraints de jouer des coudes avec leurs homologues chinois, dont la filière est désormais dominatrice, bien en place, et bénéficie d'un écosystème numérique plus développé.