Automobile: "Les marchés ne sont plus focalisés sur les volumes de vente", Frédéric Rozier (Mirabaud)
Propos recueillis par Nabil Bourassi
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
DR
Propos recueillis par Nabil Bourassi
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
DR
LA TRIBUNE - Nous approchons de la fin du semestre. Peut-on être satisfait de la dynamique des ventes sur cette période un an après l'effondrement du marché dû à la crise sanitaire ?
FRÉDÉRIC ROZIER - Les chiffres de progression sont extraordinaires par effet de base seulement. Nous sommes clairement dans une phase de reprise, mais nous n'avons toujours pas retrouvé le niveau d'avant-crise. Et de ce point de vue-là, le marché européen semble être plus en retard que d'autres régions du monde dans cette phase de rattrapage. Et en particulier, la France qui est loin d'être la plus dynamique en Europe. Il y a de nombreux facteurs techniques comme la crise de semi-conducteurs, même si les constructeurs semblent accréditer l'idée d'une normalisation progressive de la situation. Cela n'empêchera pas Stellantis de perdre environ 190.000 voitures à cause de cette pénurie, soit 11% de ses ventes.
Les valeurs automobiles françaises risquent donc d'être encore sous la pression des volumes...
Que ce soit Stellantis ou Renault, les marchés ne sont plus focalisés sur le critère des volumes. En 2020, PSA (désormais fusionné dans Stellantis, ndlr) avait enregistré une forte baisse de ses ventes du fait de la crise sanitaire, mais cela ne l'avait pas empêché d'afficher de bons ratios de rentabilité. Le groupe continue d'ailleurs de tabler sur une marge opérationnelle élevée de 7,5%. La situation financière des deux groupes s'est considérablement améliorée. Y compris pour Renault qui a largement engagé des mesures de désendettement avec des cessions non-stratégiques comme la vente de sa participation dans Daimler.
Stellantis est-il mieux placé que Renault ?
À lire également
Le titre Stellantis s'achète légèrement au-dessus de 5 fois ses bénéfices, ce qui n'est pas cher du tout quand on regarde les standards de marché qui se paient au-dessus de 6. Renault se paie moins bien mais il est en souffrance depuis le début de l'année. Mais Stellantis a un gros travail d'intégration industrielle à engager pour parfaire sa fusion, tandis que Renault assume des ventes en baisse mais de meilleures qualités. Nous gardons une nette préférence pour Stellantis qui est structurellement bon marché.
Propos recueillis par Nabil Bourassi