Pour le responsable des achats de Volkswagen, la pénurie de puces électroniques pourrait "durer jusqu'à deux ans" impactant les volumes de production de voitures. Des nombreux constructeurs européens voient les cadences de leur usine ralentir, faute de pièces disponibles. Pour juguler la dépendance aux fournisseurs asiatiques, l'Europe veut lancer une stratégie ambitieuse de production de semi-conducteurs. Dans un premier temps, le nouveau site industriel de Bosch, à Dresde, pourrait donner un peu d'oxygène.Ce ne sont pas les pièces les plus volumineuses d'une voiture, mais ces petites puces sont partout et essentielles : direction assistée, gestion du moteur, contrôle de freinage.... Et sans ces semi-conducteurs, les automobiles ne peuvent pas sortir des usines. C'est tout le problème que rencontre depuis plusieurs mois les constructeurs. La pénurie des circuits-intégrés dans le monde se poursuit et grippe de nombreuses chaînes de production.
Un écart considérable entre l'offre et la demande
Ces défauts d'approvisionnement pourraient s'étirer jusqu'à "deux ans" a affirmé ce jeudi le directeur des achats de Volkswagen, Murat Akse, dans un entretien au quotidien économique Handelsblat, s'alarmant par ailleurs de "l'écart considérable entre l'offre et la demande". Selon les calculs du journal allemand, le groupe pourrait renoncer à construire "100.000 voitures" dans les prochaines semaines en raison de cette pénurie. La situation devrait s'améliorer à partir du "troisième trimestre", selon Volkswagen mais "restera tendue" par la suite, a affirmé le responsable.
En France, Renault estimait, en mars dernier, que la crise pourrait coûter 100.000 voitures sur l'année. Ces dernières semaines, plusieurs de ses usines ont vu leur ligne de production s'arrêter, notamment à Sochaux et à Mulhouse. A Rennes-La Janais, le groupe Stellantis (issu de la fusion de FCA et PSA) a également été confronté à des arrêts de production.
Au niveau mondial, certains analystes tablent sur un défaut de productions de 700.000 voitures. Ce manque à produire est relativement faible au regard d'un marché de près 90 millions de voitures par an. De son côté, Bloomberg a calculé que la crise des semi-conducteurs pourrait coûter 60 milliards de dollars à l'ensemble de la filière cette année.