Automobile : Volkswagen s'enfonce dans la crise
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La marge opérationnelle du groupe a chuté à seulement 5,4% en moyenne sur les neufs premiers mois de l'année, contre 6,9% au cours de la même période en 2023.
MATTHIAS RIETSCHEL
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La marge opérationnelle du groupe a chuté à seulement 5,4% en moyenne sur les neufs premiers mois de l'année, contre 6,9% au cours de la même période en 2023.
MATTHIAS RIETSCHEL
[Article publié le mercredi 30 octobre, à 10H15, mis à jour à 13H56]
Sans grande surprise, les résultats trimestriels du groupe Volkswagen sont mauvais. Le premier groupe automobile européen a dégagé un bénéfice net de 1,58 milliard d'euros au troisième trimestre de cette année. Une réelle contre-performance puisqu'en recul de -63,7% comparé à la même période il y a un an.
Quant à son Ebitda (bénéfice avant intérêts, impôts, dépréciations et amortissements), un indicateur clé de rentabilité, il affiche lui aussi une baisse à deux chiffres sur un an. Il a dégringolé de -59,4% pour atteindre 2,36 milliards d'euros. Le bénéfice d'exploitation subit, lui aussi, une forte chute (-42% à près de 2,9 milliards d'euros).
Ces baisses du bénéfice s'expliquent tout d'abord par un recul de 7% des ventes de voitures en volume. La croissance en Amérique du Nord (+6,4%) n'a pas réussi à compenser la baisse marquée de 15% des ventes en Chine. Or ce marché est clé pour le groupe puisqu'il y réalise un tiers de ses ventes. Mais les difficultés économiques de la première puissance asiatique freinent la demande sur un marché où la concurrence est de plus en plus rude.
De plus, le groupe a subi l'impact de « charges de restructurations » à hauteur de 2,2 milliards d'euros sur les neuf premiers mois de l'année, indique le communiqué. Ainsi que la hausse des coûts fixes et « des coûts de lancement de nouveaux produits ».
Dans ce contexte, la marge opérationnelle du groupe a chuté à seulement 5,4% en moyenne sur les neufs premiers mois de l'année, contre 6,9% au cours de la même période en 2023. En cause : d'une part, les ventes de ses voitures de sport Porsche et Audi, les plus rentables, ont fondu. Dans le même temps, la rentabilité de la marque VW, avec ses prix moins élevés, est en berne, à seulement 2% sur neuf mois.
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Pour le directeur financier du groupe, ces résultats « reflètent un environnement de marché difficile et soulignent l'importance de mettre en œuvre nos programmes de performance à l'échelle du groupe », a déclaré Arno Antlitz, dans un communiqué.
Le groupe a annoncé en septembre préparer un plan d'économies sans précédent. Cette restructuration pourrait inclure la fermeture de trois usines en Allemagne, a indiqué lundi la présidente de son comité d'entreprise, Daniela Cavallo. Ce serait alors une première dans l'histoire du constructeur : jamais il n'a pris une telle décision sur le sol allemand depuis sa création en 1937. Et la dernière usine fermée, aux États-Unis, remonte à 1988.
Dans le même temps, des dizaines de milliers de suppressions d'emplois sont envisagées en Allemagne. C'est sa marque VW, qui en compte aujourd'hui 120.000, qui est visée par les mesures d'économies car la moins rentable parmi son portefeuille. Le groupe n'a pas encore dévoilé les contours du plan social, mais a résilié en septembre l'accord sur la garantie de l'emploi. Ce qui a ouvert la voie à de possibles licenciements à partir du 30 juin 2025 et laisse à penser qu'il y en aura.
Selon le quotidien Handelsblatt, citant des documents internes, la seule mesure de réduction de 10% des salaires des employés, permettrait au constructeur d'économiser près de 800 millions d'euros par an, bien plus que des fermetures d'usines.
Le groupe entend au total économiser 4 milliards d'euros, selon le quotidien économique Handelsblatt. Pour cela, en plus des fermetures d'usines et des suppressions de postes, d'autres mesures seraient appliquées. À savoir une baisse de 10% de tous les salaires, ainsi que des gels en 2025 et 2026. Au total, cela reviendrait à une baisse de 18% des émoluments des ouvriers des chaînes au cours des deux prochaines années, d'après le comité d'entreprise. Dans le viseur aussi du groupe, le plafonnement des primes et des bonus liés aux anniversaires d'ancienneté pour les cadres.
« Nous devons nous assurer que le compromis trouvé sera significatif pour que VW puisse atteindre sa marge de 6,5% (...) et puisse être capable d'investir dans des projets futurs pour elle-même sans dépendre du groupe », a encore justifié Arno Antlitz.
Mais pour parvenir à mettre ce plan en place, la direction de Volkswagen va devoir se confronter à son comité d'entreprise, vent debout. Car celui-ci dispose d'un pouvoir de cogestion sur la stratégie de l'entreprise, ce qui empêche le groupe de faire ce qu'il veut. Les pouvoirs publics allemands, via l'État régional de Basse-Saxe où le groupe a son siège, sont aussi actionnaires et auront donc leur mot à dire. Une structure de gouvernance complexe qui explique d'ailleurs en partie les difficultés du géant allemand.
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Du côté des salariés, les syndicats se sont engagés à combattre les plans du groupe. IG Metall, le puissant syndicat allemand des métallurgistes, en tête. Ils ont menacé de grèves après la période de dialogue social obligatoire, soit à partir de décembre. La prochaine réunion officielle entre les deux parties est d'ailleurs justement prévue ce mercredi 30 octobre.
(Avec AFP)
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