Batteries : pourquoi Stellantis choisit l’Espagne pour sa nouvelle gigafactory

La gigafactory verra le jour à proximité de l'usine Stellantis Zaragoza, qui produit des Opel Corsa, des Lancia Ypsillon, et des Peugeot 208.
Gonzalo Fuentes

La gigafactory verra le jour à proximité de l'usine Stellantis Zaragoza, qui produit des Opel Corsa, des Lancia Ypsillon, et des Peugeot 208.
Gonzalo Fuentes
Il y a près d'un an, Stellantis et le numéro un mondial des batteries, le chinois CATL, avaient annoncé un projet de gigafactory de batteries, en coentreprise, en Europe. Mais on ignorait sa localisation. Ce sera finalement l'Espagne. Stellantis et CATL ont annoncé ce mardi que cette usine, dont l'investissement s'élèvera « jusqu'à 4,1 milliards d'euros », verra le jour à Saragosse, dans le nord-est du pays.
Un choix somme toute logique pour Stellantis : cette gigafactory, dont la production doit commencer en 2026, sera située à proximité de son plus grand site d'assemblage en Espagne. Stellantis Zaragoza fabrique des Opel Corsa, des Lancia Ypsillon et des Peugeot 208. « Cette usine, qui a produit 365.000 véhicules l'an dernier, sera le premier bénéficiaire de la gigafactory », précise un porte-parole de Stellantis.
Ce projet permet aussi à l'Espagne de se renforcer dans l'écosystème des batteries. Le pays, pourtant grand producteur d'automobiles en Europe, est resté « un nain » sur ce segment, souligne Pierre Paturel, directeur d'études et spécialiste de l'automobile chez Xerfi. « Cela vient en quelque sorte mettre un terme à cette situation surprenante », renchérit-il. Avec 1,87 million de voitures produites en 2023, l'Espagne est aujourd'hui le second fabricant européen d'automobiles, derrière l'Allemagne et ses 4 millions d'autos assemblées l'an dernier. Or, à ce jour, le pays ne comptait « que » trois gigafactories, contre cinq en France, et 12 en Allemagne.
Il y a bien sûr, pour Stellantis, l'idée de diminuer les coûts logistiques en jouant la carte de la proximité avec son usine. Mais l'Espagne, qui profite d'un fort développement de ses parcs solaires et éoliens, propose aussi un coût de l'énergie très attractif, bien plus bas qu'en France notamment. « L'électricité est aujourd'hui moins chère en Espagne et au Portugal », nous confirme-t-on chez Stellantis. Le coût du travail de l'autre côté des Pyrénées n'a, en revanche, pas été déterminant pour l'installation de la gigafactory. « Les processus de fabrication des batteries sont aujourd'hui très automatisés », précise le constructeur.
La particularité de cette nouvelle gigafactory est qu'elle fabriquera des batteries à base d'une chimie composée de lithium, de fer et de phosphate (LFP). Celles-ci offrent globalement des performances moins bonnes que les batteries au nickel, au manganèse et au cobalt (NMC). Mais elles présentent un gros avantage : elles sont bien moins coûteuses à produire. A l'instar d'autres constructeurs européens, Stellantis a lancé plusieurs projets d'usines de batteries NMC ces dernières années - notamment avec le consortium européen ACC -, mais il mise désormais sur la technologie LFP pour proposer des voitures électriques plus abordables. C'est, par exemple, cette chimie qui est utilisée dans sa Citroën ë-C3, commercialisée à partir de 23.300 euros.
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La technologie LFP a actuellement le vent en poupe en Europe. Stellantis assure cependant qu'il compte toujours sur son partenariat avec ACC dans les batteries NMC. Même si certains projets ont été gelés en Allemagne et en Italie.
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Pierre Paturel considère que d'ici 2030, la technologie NMC représentera 70% du marché en Europe, contre environ 30% pour sa rivale LFP. Il souligne aussi que « tout dépendra de l'évolution des prix des deux technologies », sur un segment où la recherche progresse à toute vitesse.
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