Voiture électrique : Eramet suspend son projet d'usine de recyclage de batteries en France
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L'entreprise Eramet a annoncé suspendre ce jeudi son projet d'usines de recyclage de batteries pour véhicules électriques, prévues dans le nord de la France. La raison : la filière n'est pas assez mature.
Pour rappel, Eramet porte, en lien avec le groupe Suez, l'ambition de construire deux usines de taille industrielle pour le recyclage des batteries. Elles devraient voir le jour à Dunkerque ou dans ses environs, près de la « vallée européenne de la batterie » actuellement en développement. La première doit assurer le démantèlement, le tri et le broyage de batteries usagées ou chutes de production.
Objectif : fabriquer un composant connu sous le nom de « blackmass » (ou « masse noire ») contenant des sels minéraux mélangés. Cette poudre serait ensuite séparée dans la deuxième usine, et ainsi extraire des matières premières, telles que le lithium, le nickel ou encore le cobalt, susceptibles d'être réutilisées dans la production de batteries.
Eramet préfère donc attendre « un modèle économique solide et pérenne en Europe » pour lancer pleinement son projet. Il n'a toutefois pas précisé de nouveau calendrier. Celui initial prévoyait un démarrage de la première usine en 2025 et celui de la deuxième en 2027.
Pour faire fonctionner ses deux usines, Eramet prévoyait dans un premier temps de travailler à partir des rebuts de fabrication de quatre usines de batteries, prévues elles aussi dans le nord de la France. « Compte tenu de la très lente montée en puissance des usines de batteries, nous ne sommes pas en mesure de sécuriser des approvisionnements en matière première pour alimenter notre projet d'usine », a précisé la PDG d'Eramet, Christel Bories, lors d'une conférence téléphonique avec la presse ce jeudi. La dirigeante a notamment évoqué les « problèmes » de NorthVolt ou d'ACC, et les « nombreux reports de projets sur la chaîne de valeur batteries ».
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Par ailleurs, le bât blesse aussi « en aval », selon Christel Bories. « Il n'y a aucun projet de précurseur de cathode européen qui a été confirmé, donc il n'y a pas de client (en Europe) pour les sels métalliques issus du recyclage », a-t-elle indiqué.
La PDG s'affiche toutefois confiante pour la suite. « Nous restons totalement convaincus de la nécessité de développer une économie circulaire des métaux critiques sur le sol européen, dont le recyclage des batteries en fin de vie sera un élément clé de la chaîne de valeur future », a-t-elle assuré. Le groupe continue de travailler sur le sujet dans son usine pilote de recyclage de batteries, inaugurée à l'automne 2023 à Trappes, dans les Yvelines.
Il faut dire que le marché des voitures électriques est morose en Europe. Après trois ans de forte progression, les ventes ont commencé à baisser depuis la fin 2023. Sur le premier semestre de cette année, elles ont représenté une part de marché de 13,1%, soit près d'un point de moins comparé à la même période l'année dernière (14%).
Les ventes de véhicules électriques sont freinées par plusieurs facteurs. Notamment leur prix, très élevé. Plusieurs gouvernements du Vieux continent ont mis en place des incitations à l'achat, ce qui a participé à faire augmenter les ventes. Mais certains les ont supprimés depuis, comme l'Allemagne, marché moteur en Europe, plombant de facto les ventes. Si bien d'ailleurs que la baisse des aides envisagées par l'exécutif français dans son projet de budget 2025 préoccupe le secteur. L'un des freins vient aussi d'aspects techniques : les acheteurs s'inquiètent d'autonomie limitée et de réseaux de recharge encore parfois insuffisants.
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Petite once d'espoir néanmoins : les immatriculations de voitures électriques ont progressé au mois de septembre en Europe. Près de 140.000 autos ont été écoulées, soit une belle hausse de près de 10%, selon des chiffres publiés en début de semaine par l'Association des constructeurs européens d'automobiles (ACEA). Sur ce mois, elles ont même représenté 17,3% de parts de marché. Le lobby des constructeurs européens ne fanfaronne pas pour autant. « Les chiffres d'aujourd'hui montrent que nous sommes encore loin du marché électrique florissant dont l'Europe a besoin », a rappelé sa directrice générale, Sigrid de Vries. Reste à voir si cette tendance se poursuivra ou si ce bond de septembre n'était qu'un trompe-l'œil.
(Avec AFP)
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