Comment Valeo est devenu le premier émetteur de brevets en France

L'équipementier automobile a doublé le nombre de brevets publié en deux ans chipant la première place à PSA. Cela correspond à la stratégie mise en œuvre par Jacques Aschenbroich de miser sur l'innovation. Cela illustre également un nouveau rapport de force entre équipementiers et constructeurs automobiles dans la chaîne de valeur...
Nabil Bourassi
Le groupe a récemment revu ses objectifs en forte hausse visant un chiffre d'affaires de 27 milliards d'euros en 2021, quand celui-ci ressortait à 16,5 milliards d'euros en 2016.
Le groupe a récemment revu ses objectifs en forte hausse visant un chiffre d'affaires de 27 milliards d'euros en 2021, quand celui-ci ressortait à 16,5 milliards d'euros en 2016. (Crédits : © Benoit Tessier / Reuters)

L'innovation, encore l'innovation, toujours l'innovation... Les dirigeants de Valeo n'ont que ce mot à la bouche ! Et ça leur réussit. L'équipementier automobile a explosé les compteurs de ses livraisons de brevets auprès de l'Institut national de la propriété intellectuelle passant de 473 brevets édités en 2014 à 994 en 2016. Mieux, il devient le premier émetteur de brevets en France, soufflant la place au groupe PSA qui s'agrippait à la première place du podium depuis dix ans.

Pilier de la stratégie Valeo

Pour le groupe emmené par Jacques Aschenbroich, cette politique de recherche et développement (R&D) intensive est au cœur de la stratégie de croissance. Elle consiste à investir constamment afin de proposer les produits les plus innovants et donc avec la meilleure valeur ajoutée. Les résultats financiers du groupe témoignent de la réussite de cette stratégie. Le groupe a récemment revu ses objectifs en forte hausse visant un chiffre d'affaires de 27 milliards d'euros en 2021, quand celui-ci ressortait à 16,5 milliards d'euros en 2016. Cet objectif est assorti d'une confortable marge opérationnelle autour de 8% sur ce même horizon.

De son côté PSA, n'a publié "que" 930 brevets en 2016, soit moins que les 1.012 de l'année précédente. Il se place à la seconde place, suivi par Safran avec 758 publications. C'est le résultat de la politique de rationalisation de la R&D mise en place par Carlos Tavares, arrivé en juin 2014 à la tête de PSA. Ce dernier a pourtant toujours défendu l'idée que PSA avait moins investi durant ses années de crise.

Les équipementiers captent de plus en plus de valeur

En réalité, cet inversement des positions pourrait être bien parti pour durer. Il est très emblématique de l'ascendant pris par les équipementiers automobiles dans l'innovation et la captation de valeur. Depuis la fin des années 2000, ces derniers ont pris en charge une grande partie de l'innovation automobile tandis que les constructeurs se sont concentrés sur la rationalisation de leur outil industriel et la conception automobile, devenant de plus en plus des assembleurs. Les révolutions en cours dans le secteur automobile autour de l'autonomie, l'électrification et la connectivité constituent des enjeux majeurs dans lesquels les équipementiers automobiles, en particulier Valeo, souhaitent développer leurs propres solutions.

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Renault à la traîne...

Le nombre de brevets déposé par Renault illustre parfaitement cette situation. La marque au losange n'aura déposé que 509 brevets en 2016, soit peu ou prou un niveau inchangé depuis plusieurs années. PSA, lui, veut faire mentir cette théorie en précisant qu'il consacre chaque année 5% de son chiffre d'affaire à la R&D et promet une reprise de ses publications de brevets dès cette année. Le groupe assure néanmoins "ne pas être engagé dans une course".

Nabil Bourassi

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Commentaires 3
à écrit le 28/03/2017 à 10:06
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J'ai travaillé quelque temps en intérim chez un valéo de la région d'Angers comme technicien. C'était intéressant avec un ingénieur un peu fou et créatif inventant les supposés équipements de demain. Toute latitude lui avait été donnée sans aucun c...

à écrit le 27/03/2017 à 15:41
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PSA intègre les brevets de Faurecia dans son score et serait sans doute bien plus mal placé sans cela.

à écrit le 27/03/2017 à 14:27
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Alors Valeo fait plus debrevets que le CEA ou que Michelin ? Il est vrai que dans le monde de l'automobile et pour les ingénieurs les brevets sont bien utiles et interressent les concurrents et les prestataires de Valeo : le brevet est toujours une t...

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