Droits de douane : Stellantis décroche en Bourse après l'annonce de Trump
latribune.fr
Stellantis pourrait devoir revoir son projet de transfert de production de ses pick-up Ram vers des pays à plus faibles coûts, selon l'agence Bloomberg.
Le groupe automobile perd plus de 4% ce mardi matin après la confirmation d'imposition de droits de douane par Donald Trump, lundi soir.
Les investisseurs anticipent de sérieuses répercussions. Vers 12 heures à Paris, le titre du groupe automobile Stellantis perdait 4,64% à 12,21 euros peu après avoir reculé de plus de 5%, dans un marché en baisse de 0,69%, selon l'indice CAC 40. Stellantis subit ainsi la plus forte baisse parmi toutes les valeurs de l'indice parisien.
À l'origine de cette baisse ? Une déclaration de Donald Trump. Lundi, le 47e président des États-Unis a confirmé ses premières mesures économiques après son investiture. Parmi celles-ci : une hausse des droits de douane sur les produits venant de Chine, du Canada et du Mexique.
«Le 20 janvier, pour l'un de mes nombreux premiers décrets, je signerai tous les documents nécessaires pour imposer au Mexique et au Canada des droits de douane de 25% sur TOUS les produits entrant aux États-Unis», a écrit le président élu Trump dans une publication sur son réseau Truth Social.
Dans un post distinct, il a annoncé une augmentation des taxes douanières de 10%, qui vient s'ajouter à celles existant déjà et à celles supplémentaires qu'il pourrait encore décider, sur « tous les nombreux produits arrivant de Chine aux Etats-Unis ».
Les constructeurs européens visés
Dans ce contexte, Stellantis pourrait revoir son projet de transfert de production de ses pick-up Ram vers des pays à plus faibles coûts, selon Bloomberg. Par ailleurs, « la crainte est que l'Europe soit aussi dans le lot, même si (Donald Trump) ne l'a pas encore mentionnée », souligne Alexandre Baradez, responsable de l'analyse marchés chez IG France interrogé par l'AFP.
Au-delà de Stellantis, Alexandre Baradez constate un net « recul sur les valeurs susceptibles d'être visées par les taxes douanières ». Ainsi, à la Bourse de Paris, Renault perdait 0,53% à 39,72 euros et l'équipementier Valeo cédait 2,57% à 8,13 euros vers 10h15. À Francfort, les valeurs automobiles subissent aussi de plein fouet les déclarations du président élu. Volkswagen lâchait 2,45%, BMW 2,25%, Porsche AG 2,56%, Mercedes-Benz 2,06% et Daimler Truck 4,71% vers 10h15.
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Les ventes automobiles repartent
Au niveau mondial, octobre 2024 a été un nouveau mois record pour les ventes de voitures électriques, avec 1,7 million de véhicules vendus (+50% sur un an), dont deux tiers en Chine, selon le cabinet britannique Rho Motion.
Quant à l'Europe, les nouvelles immatriculations ont continué à se reprendre légèrement au mois d'octobre dans l'Union européenne (+2,4% sur un an), tandis que les modèles hybrides ont poursuivi leur envolée (+17,5%) selon les chiffres publiés jeudi par l'Association des constructeurs (ACEA).
Avec près de 125.000 unités vendues, les voitures électriques ont reculé en octobre sur les principaux marchés (Allemagne, France, Italie) mais se sont maintenues dans des pays déjà bien électrifiés (Pays-Bas, Danemark, Belgique).
Selon l'ACEA, les chiffres européens « soulignent le besoin urgent et critique d'intensifier nos efforts pour soutenir la transition vers les véhicules à zéro émission ». Si les constructeurs ont musclé leur offre de modèles électriques, ces véhicules restent encore bien plus chers que leurs équivalents thermiques et hybrides. La hausse des coûts de l'énergie, le manque de subventions à l'achat, et un réseau insuffisant de bornes de recharge empêchent les Européens de passer à l'électrique, selon l'ACEA.
Plus économiques, les modèles hybrides continuent leur conquête du marché (+17,5%): ils restent les plus vendus en Europe pour le deuxième mois consécutif, avec un tiers du marché, devant des modèles essence et diesel en baisse (-6,8 et -7,6%, respectivement). Cette croissance continue de l'hybride profite notamment à Toyota et Renault.