Pour l’automobile européenne, un « impact limité » du Mercosur
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Des employés sur une chaîne de montage de l'usine Renault de Curitiba, au Brésil.
Reuters
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Des employés sur une chaîne de montage de l'usine Renault de Curitiba, au Brésil.
Reuters
Présenté comme un accord « viande contre voitures », le traité entre l'Union européenne et le Mercosur, si décrié par les agriculteurs, constituera-t-il, en cas de ratification, une poule aux œufs d'or pour l'industrie automobile européenne ? Pas franchement, estime Bernard Jullien. Spécialiste de l'automobile, l'économiste considère « qu'il n'y a pas d'enjeux très importants pour l'industrie européenne dans le dossier du Mercosur ». « Il y a une assez grande indifférence [des constructeurs] aux droits de douane par rapport à leurs positions commerciales », explique-t-il.
Dans le cadre de ce traité de libre-échange, il est notamment prévu que les pays du Mercosur (le Brésil, l'Argentine, l'Uruguay, le Paraguay et la Bolivie) suppriment leurs droits de douanes sur les voitures et les pièces détachées, qui s'élèvent jusqu'à 35%. Une mesure qui devrait permettré, sur le papier, de doper les exportations d'automobiles du Vieux Continent. « On pourrait éventuellement exporter plus facilement depuis l'Europe vers l'Amérique du Sud, convient Bernard Jullien. Mais étant donné l'appareil de production déjà installé sur place et les coûts de transport, cela aurait un impact relativement limité. »
À lire également
Interrogés, Renault et Stellantis rappellent tous deux qu'il disposent d'usines en Amérique du Sud, et en particulier au Brésil. Les deux cadors français de l'automobile y produisent des voitures d'entrée de gamme, spécifiques au marché sud-américain. Au Brésil, Renault commercialise par exemple son SUV compact Kardian, à partir de 112.790 reals (18.500 euros), et fabriqué dans son usine de Curitiba. Dans ce pays, Stellantis produit pour sa part des Citroën dans son usine de Porto Real, et des Fiat à Bétim. Leur rival, le mastodonte allemand Volkswagen dispose, lui, « d'énormes usines à Sao Paulo », et à la main sur « 25% du marché brésilien », rappelle Bernard Jullien.
Décarbonation de l’aviation : le pari du e-SAF dans le sud de la France
Trump rallume la chaudière du charbon américain avec 700 millions de dollars
Micro-réacteurs nucléaires : Antares franchit le cap décisif de la criticité
L’industrie française repasse les 10% du PIB, mais les usines continuent de fermer