En pleine restructuration, Volkswagen voit son bénéfice s'effondrer
Alain-Gabriel Verdevoye
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Le groupe affronte par ailleurs un deuxième problème structurel.
ALY SONG
Alain-Gabriel Verdevoye
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Le groupe affronte par ailleurs un deuxième problème structurel.
ALY SONG
En pleine restructuration outre-Rhin, le fleuron industriel allemand affiche une chute d'un tiers de son résultat opérationnel au premier semestre (à 6,7 milliards d'euros). La marge plonge à 4,2%, contre 6,3% sur les six mois correspondants de 2024.
Paradoxalement, ce sont les marques haut de gamme qui se détériorent le plus. Le groupe ne publie pas ce vendredi de résultat par label. Mais ses marques premium prises dans leur ensemble voient leur marge reculer à 3,3% (6,4% précédemment). Quant aux marques de sport hautes performances comptabilisées encore à part, telles que Porsche, la marge se retrouve divisée par trois à 5,2% à peine. Fâcheux, alors que Porsche arbore historiquement des marges supérieures à 16% !
Le chiffre d'affaires du groupe reste stable, Mais la production sur le semestre a légèrement baissé (-1,9% à 4,52 millions d'unités). Le bénéfice net dégringole pour sa part de 38,5% (à 4,48 milliards). Et, comme les constructeurs tricolores, Volkswagen voit son flux de trésorerie pour l'activité auto plonger dans le rouge (-1,4 milliard).
L'action chutait dans le contexte ce vendredi à l'ouverture de la Bourse, avant de se reprendre. Celle-ci n'a pas apprécié que le premier constructeur européen prévoit désormais une marge opérationnelle entre 4 et 5% pour l'année. Contre 5,5 à 6,5% espérés auparavant.
Arno Antlitz, le directeur financier de Volkswagen, incrimine les droits de douane américains qui impactent notamment les labels haut de gamme, mais aussi une transition vers l'électrique coûteuse. Les modèles électriques sont nettement moins rentables que les thermiques, reconnaît-il. Et l'électrification accélérée de Porsche lui porte aujourd'hui préjudice. Car le marché de l'électrique ne suit pas. Le directeur financier met toutefois également en exergue les coûts de la restructuration en cours.
Chaque jour à 13h, l’essentiel de l’actualité industrielle.

À lire également
Volkswagen a eu son heure de gloire avant le « Dieselgate » en 2015. Depuis le scandale des logiciels faussant les émissions polluantes qui lui ont coûté plus de 30 milliards d'euros, Volkswagen a perdu sa place de premier groupe auto mondial au profit de Toyota. En septembre dernier, la firme germanique a dû engager un plan de restructuration massif pour pallier sa très faible compétitivité en Allemagne. Un choc national, car les salariés n'avaient jamais vu ça.
Alain-Gabriel Verdevoye