Enquête (2/5). Deuxième volet de notre série de cinq enquêtes sur le business complexe des bornes de recharge électrique, qui sont publiées chaque jour depuis hier jusqu'à vendredi. La Tribune a sélectionné plusieurs pépites françaises qui dynamisent le marché des bornes. C'est notamment le cas de Freshmile. Rachetée par un groupe lui donnant les moyens de répondre à la demande grandissante, Freshmile veut se servir de son expérience d'une dizaine d'années pour équiper la ville strasbourgeoise d'environ 1.000 bornes de recharge d'ici 2035. Son atout stratégique ? La prise en compte de la...... ance des bornes pour assurer un maillage intelligent du territoire.
Lorsqu'il a fondé sa startup Freshmile en 2010, Arnaud Mora vendait des forfaits pour la recharge de voitures électriques sur le modèle des cartes d'essence des groupes pétroliers, et des bornes de recharge télécommandées chez les particuliers. L'entreprise a grandi et vient d'être cédée à Rexel, groupe français spécialisé dans la distribution de matériel électrique.
Au moment de son acquisition, en mars 2021, Freshmile gérait 8.000 points de charge et fournissait ses services à plus de 50.000 conducteurs de véhicules électriques. La croissance de l'entreprise va s'accélérer et Arnaud Mora, qui demeure directeur général après la cession de ses parts, entend devenir l'opérateur de référence sur le marché français malgré la concurrence d'un géant tel que TotalEnergies. Preuve de son ambition, Freshmile annonce une perspective de « 20 à 30 millions de chiffre d'affaires en 2024 », contre un chiffre d'affaires prévisionnel « entre 2 et 3 millions d'euros en 2021 ».
Plus les bornes sont puissantes, moins on a besoin d'en installer
À Strasbourg, l'opérateur de réseaux de bornes de recharge s'est associé avec Engie pour investir 3 millions d'euros et équiper 180 bornes en un peu plus de douze mois. La concession permettra au fil d'une dizaine d'années d'établir un plan d'équipements publics à long terme dans l'agglomération. "Deux inconnues demeurent : l'autonomie des batteries des voitures et l'équipement en bornes hors voirie", reconnaît Arnaud Mora. Pour Strasbourg et ses 32 communes périphériques, son estimation porte sur 1.000 bornes nécessaires en 2030 ou 2035, en accord avec les prévisions des élus.
"Le nombre de bornes installées dans une ville n'aura de sens que si l'on tient compte de la puissance de ces bornes. Un véhicule restera stationné plusieurs heures sur un point de recharge à 7 kW mais il quittera son emplacement après quelques minutes si la station est équipée d"un superchargeur", rappelle Arnaud Mora.