La justice rejette le recours des salariés de l'équipementier en difficulté MA France
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Auparavant, l'usine Ma France tirait 80% de son chiffre d'affaires de ses commandes pour Stellantis.
Eric Gaillard
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Auparavant, l'usine Ma France tirait 80% de son chiffre d'affaires de ses commandes pour Stellantis.
Eric Gaillard
L'inquiétude grandit chez les salariés de la dernière usine automobile de Seine-Saint-Denis, en Ile-de-France. La justice administrative a rejeté ce jeudi le recours des salariés et de la CGT de l'équipementier automobile MA France, qui contestaient le plan de sauvegarde de l'emploi du site, sous-traitant de Stellantis et placé en liquidation judiciaire en mai dernier.
Le tribunal administratif de Montreuil « considère que les mesures d'information du comité social et économique de l'entreprise, de reclassement et de prévention des risques psycho-sociaux étaient suffisantes, notamment au regard des moyens dont disposait l'entreprise depuis son placement en liquidation », écrit la juridiction dans un communiqué de presse.
L'entreprise a été placée en liquidation judiciaire au printemps après que Stellantis a refusé une réévaluation des prix de 12%, au titre de la hausse des coûts de production. L'usine tirait 80% de son chiffre d'affaires de ses commandes pour Stellantis.
Autrefois propriété de PSA, cédé en 2002 au groupe italien CLN, MA France emboutissait des pièces essentielles de carrosserie pour les petits utilitaires Peugeot (Expert) ou Citroën (Jumpy), et aussi pour Renault. Situé à Aulnay-sous-Bois, ce site était la dernière usine automobile du département de la Seine-Saint-Denis, autrefois l'un des plus denses bassins d'activité du secteur, avec l'usine PSA voisine. 280 personnes y travaillaient.
Depuis cinq mois, des salariés de MA France occupent leur usine pour réclamer une aide au reclassement, et une prime améliorée par rapport aux 15.000 euros par personne actuellement proposés. Ils dénoncent un PSE inadapté à leurs situations personnelles, avec des propositions d'emploi à des centaines de kilomètres.
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Les suppressions de postes s'enchaînent chez les équipementiers automobile en Europe. Au mois de février, le franco-allemand Forvia, septième équipementier mondial, a annoncé un plan d'économie entraînant la suppression de 10.000 salariés. Son concurrent allemand Continental a annoncé le même mois la suppression de 7.150 postes dans le monde, soit 3% de son effectif.
L'équipementier français Valeo a, lui, confirmé en juillet rechercher un repreneur pour trois de ses sites français (L'Isle-d'Abeau en Isère, La Suze dans la Sarthe, La Verrière) avec une menace sur l'emploi d'un millier de salariés. Au mois de septembre, le fabricant suédois de batteries pour véhicules électriques Northvolt a annoncé la suppression de 1.600 emplois, sur plus de 6.000, afin de faire face à une situation financière tendue et au ralentissement de la demande.
Quant au géant allemand ZF (spécialisé dans l'électrification, les châssis, et les systèmes de sécurité), il a annoncé fin juillet vouloir supprimer jusqu'à un quart de ses effectifs, soit 14.000 postes. Autre exemple parlant : chez Impériales Wheels, la dernière jante aluminium fabriquée en France est sortie le 18 juin de l'usine de Diors (Indre). 176 salariés sont en cours de reclassement.
« La période qu'on vit est assez difficile à tous les niveaux », expliquait à l'AFP début août Marc Mortureux, DG de Plateforme de la Filière Automobile & Mobilité, qui représente constructeurs et équipementiers. Parmi les raisons évoquées par l'expert : le marché automobile européen qui ne s'est pas complètement repris, après les années d'épidémie de Covid, et le nombre de voitures produites reste faible.
Par ailleurs, l'électrification à grande vitesse du marché automobile frappe des filières comme la fonderie ou l'emboutissage, moins utilisées dans les véhicules électriques. De sorte que la Plateforme automobile avait évalué à 65.000 le nombre d'emplois menacés dans la filière auto à horizon 2030, dans le cadre d'un rapport publié en 2021.
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« Les grands donneurs d'ordre font des efforts en interne et demandent aussi des efforts énormes à tous leurs fournisseurs. Leurs relations sont parfois extrêmement difficiles », soulignait par ailleurs, le directeur général.
(Avec AFP)
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