Le périphérique parisien passe à 50 km/h, les polémiques fusent
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La vitesse moyenne sur le périphérique en journée étant estimée autour de 35 km/h, la nouvelle limitation ne devrait avoir d'impact qu'aux horaires décalés.
Reuters
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La vitesse moyenne sur le périphérique en journée étant estimée autour de 35 km/h, la nouvelle limitation ne devrait avoir d'impact qu'aux horaires décalés.
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80 km/h en 1993, 70 km/h en 2014 et 50 km/h à partir de ce mardi. Telle sera la vitesse sur le périphérique parisien. C'est ce qu'a confirmé, Anne Hidalgo, le 9 septembre dernier. « Pour les 50 km/h, ça relève de ma décision. Ce sera au 1er octobre. On y travaille depuis 18 ans, donc ce n'est pas un sujet nouveau », avait lancé la maire de Paris sur RTL.
La nouvelle limitation de vitesse ne sera d'abord obligatoire que sur le tronçon de l'anneau qui encercle la capitale, entre la Porte des Lilas et la Porte d'Orléans, avant d'être généralisée le 10 octobre à l'ensemble des 35 kilomètres, après six nuits de fermeture, par portion, afin de poser les nouveaux panneaux.
Pour la municipalité, qui est propriétaire de l'infrastructure, l'objectif principal est de réduire les nuisances sonores et la pollution de l'air qui « pourrissent la vie » de 550.000 riverains de la ceinture, selon David Belliard, adjoint de la mairie chargé des transports.
Si l'effet de la nouvelle limitation sur la qualité de l'air est discuté, les conséquences sont connues, selon l'association Airparif, qui s'appuie sur une synthèse d'études scientifiques : « aggravation du risque de survenue du cancer du poumon, de bronchopneumopathie chronique obstructive, d'asthme... ». « On a énormément d'enfants asthmatiques », constate, en effet, la directrice de la santé de Bagnolet, Nathalie Victor. L'association nationale Respire confirme : « Le risque d'asthme est majoré de 30% pour les enfants à moins de 500 m d'un gros axe routier. »
En revanche, l'effet sur la pollution sonore est avéré et l'association Bruitparif s'attend à « un gain non négligeable de deux à trois décibels ». Autre gain espéré : la réduction d'accidents graves sur un axe accueillant plus d'un million de déplacements quotidiens.
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Des points néanmoins contestés par les opposants à cette mesure. « Anne Hidalgo utilise la transformation écologique comme outil de communication politique. Elle cherche à passer en force sans fondement scientifique », a ainsi réagi auprès de l'AFP Geoffroy Boulard (LR), coprésident d'Union capitale, premier groupe d'opposition au Conseil de Paris. « Aucune étude de report de trafic, d'impact sur le trafic, d'impact écologique ni économique n'a été conduite à ce jour », a fustigé Philippe Nozière, président de l'association 40 millions d'automobilistes.
En outre, la vitesse moyenne en journée étant estimée autour de 35 km/h, la nouvelle limitation ne devrait avoir d'impact qu'aux horaires décalés. Ce qui fait dire à ses pourfendeurs qu'il s'agit d'une mesure « anti-sociale », car elle pénaliserait les travailleurs de la nuit et du petit matin obligés d'emprunter le périphérique pour aller de banlieue à banlieue. Ils pourraient perdre jusqu'à 12 minutes de sommeil par jour, selon la présidente de la région Ile-de-France Valérie Pécresse (LR), rejointe par plusieurs organisations patronales franciliennes.
D'autant que l'élue régionale a avancé une solution en ce qui concerne le problème du bruit : la pose d'enrobés phoniques que l'Ile-de-France financerait pour moitié. Ce revêtement de chaussée fait ainsi gagner jusqu'à sept décibels. Il faut néanmoins le renouveler tous les dix ans.
Et Valérie Pécresse n'est pas la seule à s'opposer à la mesure instaurée par la mairie de Paris. Comme les opposants, qui dénoncent une décision « unilatérale » de l'élue socialiste, le nouveau ministre des Transports, François Durovray, a pointé une décision qui « affectera des millions de Franciliens ». Il a d'ailleurs rencontré Anne Hidalgo vendredi dernier pour lui faire part de son désaccord, concédant néanmoins que l'édile était « parfaitement en droit » de décider.
Le ministre des Transports et la maire de Paris ont convenu vendredi d'une analyse « continue et indépendante » de l'abaissement de la vitesse, avec un bilan dans un an.
L'Etat a par ailleurs engagé des discussions sur l'aménagement d'une future voie réservée au covoiturage sur le périphérique, souhaitée par la mairie de Paris pour lutter contre « l'auto-solisme ». Un sujet sur lequel la municipalité ne peut décider seule. « On est déterminés à pérenniser d'ici la fin de l'année cette voie olympique » qui, cet été, était réservée aux délégations d'athlètes et aux taxis, affirme David Belliard. Avec le projet de transformer à terme le périphérique en « boulevard urbain ».
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Le « périph » fait le tour complet de la capitale depuis 1973. Le 25 avril de cette année-là, après dix-sept ans de travaux et 2 milliards de francs déboursés (ce qui correspondrait actuellement à 2,04 milliards d'euros), le Premier ministre de l'époque, Pierre Messmer, louait ainsi, sous l'échangeur de la porte Maillot, « une grande œuvre », « un succès ». Sa raison d'être : « améliorer la circulation dans la région parisienne et en particulier aux limites de Paris. »
D'une longueur de 35,04 km, il est l'un des principaux axes urbains d'Europe. 1,2 million de véhicules s'y engouffrent chaque jour, en grande partie des Franciliens de la petite couronne (43%) et avec, pour seul occupant, leur conducteur (80%).
Selon un rapport de 2022 du bureau d'études Kisio, le trafic est composé à 50% d'usagers réguliers et est pour moitié concentré aux heures de pointe. Le pic du matin (et ses bouchons) est réparti sur seulement trois heures (entre 5h et 8h), contrairement au pic du soir, beaucoup plus diffus, qui s'étale sur cinq heures.
(Avec AFP)
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