RETROSPECTIVE AUTOMOBILE 2021 1/4 - La transformation longtemps annoncée du secteur automobile s'est largement accélérée en 2021 et... dans les pires conditions ! Dans cet environnement hostile, la filière automobile française tente de préserver son rang... Mais elle doit pour cela en finir avec de vieilles habitudes, véritables reliques d'un dirigisme étatique obsolète, qui a empêché une partie de son tissu de fournisseur d'anticiper ces changements, et de gagner en compétitivité.Cette fois nous y sommes. L'industrie automobile mondiale est entrée dans le dur de cette décennie que les prophètes du changement annonçaient comme décisive. Les transformations annoncées dans les années 2010 sont ainsi devenues une réalité : connectivité, autonomie, électrification, transition énergétique... Les constructeurs automobiles n'en sont plus au stade des promesses et sont désormais attendus sur des actes. Sonnants et trébuchants bien sûr, car ils ont investi des sommes considérables pour affronter les multiples fronts de cette transformation. Mais il n'est pas certain que cela suffise à les maintenir dans la course.
Les marchés, eux, ont fait leur choix : ils n'ont d'yeux que pour les startups de l'électromobilité. Rivian, Nio, Tesla... Leur valorisation atteignent des niveaux stratosphériques au point d'inquiéter les régulateurs sur des bulles spéculatives. Les Gafas ne sont pas en reste puisqu'ils multiplient les indiscrétions sur leur volonté d'investir l'univers automobile sous une forme (une simple interface homme-machine) ou sous une autre (inventer la voiture du futur).
Enfin, les constructeurs automobiles chinois sont à la manœuvre dans le monde entier avec des produits au rapport qualité-prix imbattables. Pour pimenter cette nouvelle donne : une crise sanitaire, une pénurie de semi-conducteurs et des matières premières en hausse. Sans parler du resserrement réglementaire sur les normes climatiques.
En France, des restructurations sous la contrainte
Ainsi, les constructeurs automobiles sont entrés dans cette nouvelle ère dans les pires conditions possibles. Les entreprises françaises du secteur étaient contraintes d'engager des restructurations radicales. L'un, l'ancien PSA et malgré ses finances florissantes, a décidé de fusionner avec un groupe étranger (Fiat Chrysler) pour devenir le quatrième constructeur mondial, seul moyen pour lui d'atteindre la taille critique. L'autre, Renault, a dû renverser la table de quasi-deux décennies de règne d'un patron qu'on disait pourtant visionnaire et charismatique.