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Automobile : face au cri d'alarme de la filière, l'appel au calme de Luca de Meo

Photo de Nabil Bourassi

Nabil Bourassi

Publié le 27 octobre 2021 à 07:24 - Mis à jour le 27 octobre 2021 à 09:44

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Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

La filiere automobile espere un "plan marshall" a 17,5 milliards d'euros, rapporte le figaro

Photo d'illustration

Eric Gaillard

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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Organisée ce mardi, la journée de la filière automobile a relancé les débats sur l'avenir de l'industrie française. D'un côté, la filière a encore exprimé son inquiétude face à la crise qui hypothèque leur avenir à court mais également long terme. Luc Chatel, président de la Plateforme automobile, a mis en garde sur le risque de voir disparaitre des pans entiers de l'automobile française. Selon lui, 100 000 emplois pourraient être supprimés d'ici à 2030. De son côté, Luca de Meo, qui dirige Renault, partage des inquiétudes mais appelle les entreprises à se retrousser les manches...

"Les constructeurs automobiles ont attrapé le Covid, c'est toute la filière qui est en soins intensifs". Luc Chatel a prononcé un discours profondément alarmiste ce mardi, lors de la journée de la filière automobile, qui a réuni, à la Cité des Sciences et de l'Industrie à Paris, plus d'un millier de chefs d'entreprise et cadres de ce secteur frappé par double crise  : conjoncturelle avec la pénurie des semi-conducteurs qui a succédé à la crise sanitaire, et structurelle avec une transition énergétique à marche forcée.

Tonalité dramatique

"La question de la survie de la filière est aujourd'hui posée", a indiqué Luc Chatel, après avoir égrené une litanie de difficultés industrielles majeures : des ventes en baisse de 20%, une baisse d'activité pouvant atteindre 35% dans certains usines, des hausses de prix des matières premières "insupportables", des tensions sur la trésorerie... "Toute la filière est touchée, les grands, les petits, les constructeurs...", a ajouté le président de la PFA dans une envolée dramatique.

L'ancien ministre de Nicolas Sarkozy a chiffré à 17 milliards d'euros les besoins de la filière pour qu'elle accomplisse sa transformation et permettre à la France de sauver "sa souveraineté automobile en 2030". Car pour Luc Chatel, les autorités européennes ont encore resserré l'étau réglementaire cet été notamment sur les objectifs CO2, visant à baisser les émissions de 55% en 2030 et à interdire tous les moteurs thermiques en 2035, y compris les moteurs hybrides (projet de Greendeal). "Toujours plus vite, toujours plus fort", a résumé Luc Chatel... "Cela ne restera pas sans conséquences pour de nombreuses entreprises", a-t-il mis en garde, citant le risque de perdre entre 65.000 et  100.000 emplois à horizon 2030, rien qu'en France.

Une compétitivité en berne

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Sans verser dans le mélodrame, Luca de Meo qui a succédé à Luc Chatel sur la scène de la Villette, a également dressé un tableau fort sombre de l'industrie automobile française. En rappelant qu'il était "revenu" en France il y a un peu plus d'un an seulement, le patron de Renault a voulu montrer qu'il avait un œil neuf sur la situation. L'ancien patron de Seat, qui a commencé sa carrière chez Renault, a néanmoins livré une implacable diagnostic du paysage industriel français, malade selon lui de son manque de compétitivité: un coût horaire du travail 30% plus cher que la moyenne européenne, une fiscalité 20% plus élevée, et 3% de volume horaire par salarié inférieur à la moyenne européenne. Selon lui, les 3% de productivité par tête au-dessus de la moyenne ne suffisent pas à compenser les autres faiblesses.

Nabil Bourassi

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