Moteurs truqués : Volkswagen se voit réclamer 8,2 milliards d'euros par des investisseurs

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Matthias Müller, PDG de Volkswagen, espère débouter les investisseurs de leur plainte. Il a déjà consenti à régler près de 15 milliards de dollars aux Etats-Unis.
Matthias Müller, PDG de Volkswagen, espère débouter les investisseurs de leur plainte. Il a déjà consenti à régler près de 15 milliards de dollars aux Etats-Unis. (Crédits : © Mark Blinch / Reuters)
Le tribunal de Brunswick en Allemagne croule sous les plaintes d'investisseurs, dont l'américain Blackrock, qui réclament plus de 8 milliards d'euros de réparations. Ils estiment avoir été mal informés par Volkswagen alors qu'éclatait le scandale des moteurs truqués qui a provoqué une décote de plus de 40% sur le titre. Le constructeur automobile allemand rejette ces accusations.

Des investisseurs s'estimant lésés par le trucage par Volkswagen de ses véhicules diesel ont déposé environ 1.400 plaintes pour réclamer au constructeur allemand quelque 8,2 milliards d'euros, a annoncé mercredi le tribunal de Brunswick.

Sur cette somme, 2 milliards d'euros de demandes de dédommagement concernent des investisseurs institutionnels, le gros des plaintes venant d'investisseurs privés, selon un communiqué de ce tribunal situé en Basse-Saxe, dans le nord de l'Allemagne, où se trouve également le siège de Volkswagen.

750 nouvelles plaintes en une journée

Les demandes de dédommagement devant ce tribunal ne cessent de croître depuis des mois mais elles ont connu une accélération lundi. Ce jour-là, 750 nouvelles plaintes ont été enregistrées, les investisseurs redoutant que leurs réclamations ne tombent sous le coup d'un éventuel délai de prescription d'un an. Le tribunal de Brunswick avait indiqué il y a quelques semaines avoir reçu près de 400 plaintes d'investisseurs pour un montant d'environ 4 milliards d'euros.

Pour faire face à cet afflux massif de plaintes d'investisseurs contre Volkswagen, qui représentent la moitié de toutes les plaintes au civil que reçoit d'habitude le tribunal en une année, ce dernier a renforcé ses équipes et ses capacités de stockage pour les dossiers, parfois livrés par camions entiers.

Le scandale du diesel a éclaté le 18 septembre 2015, lorsque les autorités américaines ont accusé Volkswagen, numéro un européen de l'automobile avec ses douze marques dont Seat, Audi et Porsche, d'avoir utilisé dans ses voitures un logiciel fraudeur pour les faire passer pour moins polluantes qu'elles n'étaient vraiment lors des tests de contrôle.

Une perte de 40% sur le cours de l'action

Dans les premières séances ayant suivi ces révélations, l'action de Volkswagen avait dévissé de 40% en deux jours à la Bourse de Francfort. Nombre d'investisseurs, allemands et étrangers, ont perdu des billes et reprochent à Volkswagen d'avoir tardé à les informer, des accusations rejetées par le mastodonte allemand.

Parmi les investisseurs mécontents figurent notamment le plus grand gestionnaire d'actifs au monde, l'américain Blackrock, allié à d'autres investisseurs dans une même plainte réclamant 1,5 milliard d'euros, ou les Etats régionaux allemands de Bavière, Bade-Wurtemberg et Hesse, qui demandent des indemnisations financières allant de 700.000 à 4 millions d'euros.

Un plaignant unique bientôt désigné

Dans son communiqué, le tribunal indique qu'il désignera un plaignant "au plus tôt au quatrième trimestre 2016" pour représenter les intérêts de tous les investisseurs souhaitant joindre leurs forces -en réduisant les frais de justice- dans une procédure commune.

Depuis l'éclatement du dieselgate, Volkswagen fait l'objet dans plusieurs pays d'enquêtes et de demandes de dédommagement d'investisseurs mais aussi de clients. Aux Etats-Unis, il a déjà accepté de régler près de 15 milliards de dollars pour clore les poursuites au pénal.

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