L'entreprise MotorK se positionne comme « un partenaire de la transformation digitale pour l’industrie automobile, concessionnaire, distributeur et constructeur ».
L'entreprise italienne affiche des taux de croissance impressionnants et se prépare à une forte accélération de la digitalisation du commerce automobile. MotorK recrute à tout va et veut recouvrir toute la chaîne de valeur de ce nouveau business qui s'annonce incontournable pour les constructeurs automobiles mais également les distributeurs.
Jamais le marketing digital n'a été autant d'actualité dans l'industrie automobile. La crise sanitaire a été un véritable accélérateur, voire une prise de conscience pour certains. Au point d'en devenir un objet de fortes tensions entre les constructeurs et leurs distributeurs. En jeu ? La maîtrise de la chaîne de valeur qui sera demain davantage tournée vers les services.
Cette accélération fait le bonheur de MotorK, une société italienne spécialisée dans les solutions technologiques digitales dédiées à l'industrie automobile. Fondée en 2010 à Milan par Marco Marlia, l'entreprise met le turbo. « Nous sommes passés de 250 salariés à 600 en seulement deux ans, et nous pensons être en mesure d'atteindre les 1.000 salariés dans un horizon assez proche », explique à La Tribune, Jean-Pierre Diernaz, directeur de la stratégie.
Des outils pour augmenter le chiffre d'affaires
MotorK a développé une vingtaine d'outils qui doit révolutionner la relation client : gestion de la data, des stocks, l'après-vente, nouveaux usages, financements, e-réputation, valeur résiduelle... Tout est passé à la moulinette d'algorithmes maison pour augmenter substantiellement la valeur ajoutée de chaque poste touché. « Grâce au calcul prédictif de la maintenance et des retours ateliers, nous augmentons le chiffre d'affaires de 25% sur cette activité », souligne Jean-Pierre Diernaz.
MotorK veut aller plus loin et donner les outils pour maîtriser le cycle d'un véhicule entre ventes, reprises et reventes. « Notre objectif est qu'un concessionnaire puisse vendre une même voiture 3 ou 4 fois, contre 1,5 fois en moyenne aujourd'hui », explique l'ancien de Nissan débauché en 2019 par MotorK.
Dans la bataille qui se joue entre les constructeurs automobiles et les grands groupes concessionnaires pour maîtriser cette chaîne de valeur, l'une des armes atomique est la souveraineté d'une infrastructure digitale. D'un côté, les groupes automobiles veulent reprendre la main sur la vente et reléguer le réseau sous forme d'agents, d'un autre, les réseaux veulent transformer leur métier en proposant de nouveaux services comme des services de mobilité. Dans ce contexte, MotorK ne manque pas d'activités. Il enregistre une croissance de 43% par an depuis cinq ans. Et au premier semestre, MotorK a franchement accéléré avec une progression de 95% du revenu récurrent. Pour financer sa croissance, l'italien s'est introduit en Bourse en novembre dernier. Il a ensuite multiplié les acquisitions : cinq sociétés en cinq mois, dont deux en France (France Pronet et Fidcar).