A Munich, la marque automobile d'entrée de gamme du groupe Renault a levé le voile sur son nouveau SUV 7 places, le Jogger. Denis Le Vot, son patron, a également donné plus de détails sur la nouvelle identité de marque qui sera lancée en 2022. Il s'agit de créer une nouvelle dynamique de marque pour lancer de nouveaux modèles sur des segments supérieurs.« Dacia doit être plus cool ! » Cette petite phrase de Luca de Meo, patron de Renault, lors de son plan stratégique Renaulution avait surpris, relançant la question lancinante d'un repositionnement de la marque d'entrée de gamme du groupe automobile français. Alors que le nouveau patron parachuté à la tête d'un Renault malade de valeur veut renouer avec des stratégies de "pricing power" (capacité à défendre des prix élevés), cette petite phrase a immédiatement fait penser à Skoda. Cette filiale du groupe Volkswagen connu pour ses produits à prix serrés a beaucoup évolué ces dix dernières années avec des produits à plus forte valeur ajoutée, et des prix plus élevés, au point qu'elle a cessé d'être une marque d'entrée de gamme.
Que nenni ! « Nous restons Dacia, une marque qui offre l'essentiel », martèle Denis Le Vot, patron de la marque roumaine (et de Lada, la filiale russe) depuis janvier dernier. D'ailleurs, la marque d'origine roumaine et rachetée par Renault en 1999 par Louis Schweitzer vient de lancer un SUV 7 places au prix incroyable de 15.000 euros... Le prix d'une Clio ! Les hausses de prix des modèles existants ? L'inflation réglementaire sur les normes antipollution qui induit plus d'équipements, plus d'électronique...
Dacia, une marque low cost ?
Mais Dacia veut rester une marque « accessible ». Le concept « low cost » n'est plus assumé en interne. « C'était vrai il y a quinze ans avec la première Logan, aujourd'hui lorsque je propose une Sandero entre 8 et 9.000 euros, je vends trois quarts de version Stepway (finition baroudeuse) à 12.000 € » se prévaut Denis Le Vot. D'après lui, Dacia dispose donc d'une autre légitimité que celle d'une marque premier prix, et il faut exploiter ce potentiel. D'autant que la très bonne tenue de la valeur à la revente (valeur résiduelle) et le taux de fidélité extrêmement haut de Dacia, rend la gamme particulièrement attractive et compétitive. Mais trois quarts des ventes de la marque sont essentiellement concentrées sur Sandero et Duster.