Voiture électrique : Renault se démarque du modèle Tesla et assume
Nabil Bourassi, à Munich
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Photo d'illustration
Eric Gaillard
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C'est le sujet de l'année dans l'industrie automobile ! Faut-il changer de modèle industriel ? Dans un contexte de très forte accélération de l'électrification, les constructeurs sont poussés à repenser leur modèle. C'est le groupe Volkswagen qui a donné le ton en début d'année adoptant de manière spectaculaire le modèle Tesla : intégration verticale de la chaîne de valeur, des bornes de recharge jusqu'aux logiciels. Le groupe allemand a mis 35 milliards d'euros sur la table pour devenir le leader de l'électromobilité. Cette intégration verticale est dictée par la nécessité de se repositionner sur la chaîne de valeur alors que la voiture électrique s'annonce peu profitable et plus concurrentielle.
Dès lors, les investisseurs ne jurent plus que par cette Teslaisation de l'automobile. Et les constructeurs qui font le choix inverse sont immédiatement sanctionnés en Bourse. Le plan e-Ways de Renault, annoncé en juillet dernier, a subi cette funeste sentence puisque le titre du groupe français a plongé jusqu'à atteindre son plus bas de l'année, seulement amorti par des résultats semestriels meilleurs que prévu. Renault prévoit ainsi d'atteindre les 90% de voitures 100% électriques en 2030 seulement, là où d'autres groupes visent une bascule plus anticipée.
Mais chez Renault, la parole des marchés n'est pas parole d'évangile. Lors d'un échange avec des journalistes à l'occasion du salon automobile de Munich, Luca de Meo a préféré prendre du recul face au climat ambiant. « Il y a une sorte de surenchère dans les annonces des uns et des autres », a-t-il observé.
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Il a jugé que la capacité annoncée des gigafactories de batteries électriques en Europe était surdimensionné par rapport aux prévisions de croissance du marché des voitures électriques es plus optimistes.
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