Renault: comment l'usine de Flins a évité la fermeture de justesse...
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Le groupe Renault opte pour la reconversion du site de Flins dans les Yvelines
Gonzalo Fuentes / Reuters
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Le groupe Renault opte pour la reconversion du site de Flins dans les Yvelines
Gonzalo Fuentes / Reuters
Déjà en mai, les salariés de l'usine Renault de Flins avaient senti le vent du boulet souffler très fort... Avec la crise du coronavirus, le groupe automobile français ne cache plus les difficultés de trésorerie qui avaient été entrevues par les marchés dès février, et est contraint de négocier un prêt garanti par l'Etat. Il engage également une revue stratégique de ses coûts de fonctionnement et prépare un plan d'économies de deux milliards d'euros à horizon trois ans.
La marque automobile n'ignore plus que le Technopôle de Guyancourt ne répond plus du tout aux standards d'efficience du secteur. C'est le premier constat de Gilles Le Borgne, le nouveau patron de la R&D, venu de chez PSA, et qui a donc engagé des ajustements d'effectifs. L'autre poste de coûts de l'entreprise, c'est son empreinte industrielle. La baisse des ventes de Renault, une lame de fond largement entamée avant la crise du coronavirus, a mis plusieurs usines hexagonales en situation de sous-production. L'usine de Douai aurait affiché un taux d'utilisation de ses capacités de production très en-dessous de 50% en 2019. Nous sommes loin des usines de PSA saturées au point de produire 7 jours sur 7 pour certaines d'entre elles. Pour Renault, cette empreinte industrielle coûte extrêmement cher et il devient impératif de rationaliser son appareil productif. "Nous avons trop grossi", expliquait Clotilde Delbos en mai dernier, après avoir critiqué les années Ghosn fondée sur la croissance à tout prix.
Avec Jean-Dominique Senard, le Président du conseil d'administration, ils envisagent donc sérieusement de fermer le site de Flins où est assemblée la Zoé, la petite citadine 100% électrique dont les ventes explosent depuis le début de l'année. Il s'agit de délocaliser sa production à l'occasion de son renouvellement.
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Oui mais l'Etat français qui doit donner son aval à un prêt garanti (et qui accessoirement est le premier actionnaire de Renault avec 15% du capital), s'oppose fermement à une telle annonce. Bercy a les yeux rivés sur l'iceberg qui pointerait si Renault suivait un tel scénario : l'opinion publique ne lui pardonnera pas l'octroi d'un prêt garanti de cinq milliards d'euros à une entreprise qui ferme une usine. C'est donc hors-de-question ! En outre, le gouvernement exige même de Renault qu'il participe au projet de gigafactory de batteries conclu entre PSA et Saft, soit un ticket de plusieurs centaines de millions d'euros. Pour Clotilde Delbos et Jean-Dominique Senard, le deal proposé par le gouvernement est un véritable casse-tête.