Renault répond aux fuites du rapport accablant de la DGCCRF sur ses diesels

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Le rapport de la DGCCRF a abouti à l'ouverture d'une information judiciaire avec la nomination de trois juges d'instruction.
Le rapport de la DGCCRF a abouti à l'ouverture d'une information judiciaire avec la nomination de trois juges d'instruction. (Crédits : © Michaela Rehle / Reuters)
Le constructeur automobile français a qualifié de "déséquilibré" l'article de Libération qui divulgue les griefs retenus par la DGCCRF contre ses motorisations diesels. Celle-ci estime que Renault a "trompé les consommateurs" et a installé "un dispositif frauduleux" pour dissimuler la réalité des émissions polluantes.

Le groupe Renault a réaffirmé mercredi qu'il respectait les règles d'homologation des véhicules, après la publication par le journal Libération d'un extrait de procès-verbal du gendarme de Bercy qui a contribué à l'ouverture d'une information judiciaire pour "tromperie".

"Renault rappelle qu'aucun de ses services n'a enfreint les règles, européennes ou nationales, relatives à l'homologation des véhicules. Les véhicules Renault ne sont pas équipés de logiciels de fraude aux dispositifs de dépollution", a assuré l'entreprise, en qualifiant l'article de "déséquilibré".

La DGCCRF dénonce un "dispositif frauduleux"

Selon le procès-verbal cité par Libération, la Direction générale de concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) soupçonne Renault d'avoir installé un "dispositif frauduleux" afin de fausser des tests sur les émissions de polluants des moteurs.

Le constructeur automobile "a trompé les consommateurs sur les contrôles effectués et notamment le contrôle réglementaire de l'homologation sur les émissions de polluants", est-il écrit dans ce document datant de novembre.

"La société a utilisé une stratégie ayant pour objectif de fausser les résultats de tests antipollution", assure la DGCCRF.

Selon Libération, le document met en lumière des écarts importants entre les performances de certains moteurs Renault au moment de leur homologation en laboratoire et leur utilisation en conditions réelles, en particulier les modèles Renault Captur et Clio IV qui dépasseraient le seuil réglementaire d'émission de dioxyde de carbone de respectivement 377% et de 305%.

"Ces résultats permettent de soupçonner l'installation d'un dispositif frauduleux qui modifie spécifiquement le fonctionnement du moteur, pour en réduire les émissions de NOx (oxydes d'azote, NDLR) dans des conditions spécifiques du test d'homologation, afin que les émissions respectent les limites réglementaires", conclut la DGCCRF dans son procès-verbal.

Renault ne commente pas "une instruction en cours"

"Le Groupe Renault a pris connaissance d'un article déséquilibré paru ce jour dans la presse nationale relatif au dossier 'émissions'. Cet article indique citer des extraits choisis d'un procès-verbal rédigé par la DGCCRF", a souligné l'entreprise automobile dans son communiqué de mercredi.

"Le Groupe Renault n'entend pas commenter une instruction en cours, procédure confidentielle par nature et à laquelle l'entreprise n'a, à ce stade, pas accès. Renault ne peut en conséquence confirmer la véracité, l'exhaustivité et la fiabilité des informations contenues dans cet article. Renault justifiera de son respect de la règlementation et réserve ses explications aux magistrats en charge d'instruire ce dossier", selon la même source.

(Avec AFP)

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Commentaires
a écrit le 16/03/2017 à 7:51 :
Il faut maintenant que les services de l'Etat prouvent très rapidement les graves accusations qu'ils portent contre l'entreprise : on n'a pas le droit d'accuser sans prouver, sauf à engager sa responsabilité. D'autant que l'Etat est actionnaire de cette même entreprise et représenté à son Conseil d'Administration... Rappelez-nous quel ministre gère/gérait les participations de l'Etat ?
a écrit le 16/03/2017 à 7:29 :
idem a wv allors la demission de son pdg
doit etre la meme reponse
a écrit le 15/03/2017 à 19:57 :
Franchement je serais pas surpris d'apprendre un jour que les gouvernements étaient aux courant ...
a écrit le 15/03/2017 à 19:14 :
1) Les accusations reposent sur les accusations d' un ex salarié (il doit être sacrêment important pour mettre en cause la Direction Générale), et alors où est son intérêt
2) La DGCRF dépend de Bercy, quand Macron était ministre de Economie
De la à penser que la Direction un tantinet revancharde de Bercy veut se faire du Ghosn qui n'a pas voulu céder à Macron lorsque de l' augmentation de capital, il y a matière à réfléchir.
a écrit le 15/03/2017 à 18:11 :
Renault n'a rien fait et ne commente pas une instruction en cours....Renault doit avoir le même cabinet d'avocats que F. FILLON qui lui aussi n'a rien fait.....
a écrit le 15/03/2017 à 17:58 :
Cette découverte de la « sur pollution » en fonctionnement réel, n’a rien d’étonnant. Bien sur le fait de truander au cours des tests officiels est répréhensible; de même que se servir de ces résultats comme argument de vente. Car le commun des mortels n’a pas de connaissances techniques suffisantes, et ne peut se fier qu’aux arguments des représentants la firme qui lui vend le véhicule. Cela dit les normes imposées par les autorités européennes sont difficilement réalisables, et c’est bien pour cela que ces normes ont été revues à la hausse l’année dernière. Même les moteurs aux normes Euro 6 ne sont pas parfaits loin de là. Quant aux moteurs essence modernes suralimentés, ils vont être équipés également de filtres à particules, parce qu’on s’est aperçu qu’ils dégageaient plus de particules fines que le diesel. Ils ne sont donc pas la panacée pour une circulation urbaine.
Il ‘y a pas de solution idéale dans ce domaine des énergies transports, tout est affaire de compromis.
a écrit le 15/03/2017 à 17:17 :
dans l'article vous confondez (milieu de page) dioxyde de carbone (ce qui est malheureusement écrit) et dioxyde d'Azote (ce qui devrait être écrit)
a écrit le 15/03/2017 à 14:07 :
Les moteurs Renault satisfont aux tests dans les conditions spécifiées par les tests. C'est comme un concours d'entrée. Cela préjuge du comportement global du candidat, et de son intelligence. Toute la pertinence des tests est là. Comptons sur notre très lente justice.

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