Volkswagen : le patron américain était au courant depuis 2014

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En vue de son audition par une Commission du Congrès américain, le patron de Volkswagen aux Etats-Unis, Michael Horn a reconnu avoir été informé dès 2014 d'un problème concernant les tests anti-pollution de certains de ses véhicules.
En vue de son audition par une Commission du Congrès américain, le patron de Volkswagen aux Etats-Unis, Michael Horn a reconnu avoir été informé dès 2014 d'un problème concernant les tests anti-pollution de certains de ses véhicules. (Crédits : Reuters/Darren Ornitz)
Michael Horn, le PDG de Volkswagen Group of America, affirme avoir été informé par des ingénieurs de la société que le constructeur allemand trichait "peut-être" avec les tests d'émissions de ses moteurs diesels aux Etats-Unis.

Alors que la police allemande est en train de procéder aux premières perquisitions au siège allemand de Volkswagen, à Wolfsburg ce jeudi, le scandale se poursuit outre-Atlantique. Le patron de la filiale américaine du constructeur, Michael Horn, s'apprête à répéter devant une Commission du Congrès américain chargée de l'auditionner ce qu'il a déjà affirmé dans un témoignage écrit, adressé à l'institution hier : oui, il était au courant qu'un problème grave pouvait affecter les tests d'émissions des moteurs diesel de ses véhicules aux Etats-Unis. Le PDG de Volkswagen Group of America aurait été informé dès le printemps 2014 que le constructeur allemand violait peut-être les règles aux Etats-Unis.

Informé par "des ingénieurs de la société"

Dans son témoignage écrit, le PDG précise : "Au printemps 2014 (...) j'ai été informé qu'il y avait une éventuelle non-conformité en termes d'émissions à laquelle il pourrait être remédié." Il ajoute : "J'ai aussi été informé que des ingénieurs de la société travailleraient avec les agences pour résoudre le problème", sans préciser l'identité de ses informateurs.

Le problème aurait donc fait surface au moins 18 mois avant que le constructeur allemand ne reconnaisse devant les autorités de régulation américaines avoir utilisé un logiciel de trucage. L'audition, au cours de laquelle le PDG a prévu de présenter ses excuses, est suivie de près par la presse ainsi que les lobbyistes de la marque, indique sur Twitter David Shepardson, journaliste au Detroit News :

Les demandes de certifications retirées pour 2016

D'après le témoignage écrit, le groupe a retiré la demande de certification de ses modèles 2016 aux Etats-Unis car la présence d'un composant de logiciel aurait dû être déclarée aux autorités fédérales et californiennes. Il n'a pas donné davantage de détails, ajoutant que le processus de certification se poursuivait.

VW a déjà suspendu plus de dix responsables, dont trois ingénieurs, dans le cadre d'une enquête interne et le groupe a engagé le cabinet Jones Day pour mener une enquête externe. Au siège allemand de Wolfsburg, la police allemande recherche ce jeudi des "documents et des supports informatiques", susceptibles d'identifier les employés impliqués dans le trucage des logiciels, alors que le 4 octobre dernier, plusieurs ingénieurs étaient déjà passés aux aveux, selon le quotidien Bild.

(Avec Reuters et AFP)

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a écrit le 09/10/2015 à 8:25 :
Et il n'a pas bougé une oreille pendant ce temps..? La calotte portée au groupe est largement méritée.
a écrit le 08/10/2015 à 19:48 :
Une économie de 300 euros par véhicule va se transformer en gouffre financier pour VW. Quand on triche, on trompe délibérément des millions de clients, on en assume les conséquences. Das Auto est dans la tourmente et c'est très bien ainsi. Espérons que nos constructeurs nationaux puissent profiter de la déconvenue du concurrent teuton.
Réponse de le 08/10/2015 à 21:53 :
C'est sûr on peut se féliciter des déboires de VW, ça va être une excellente nouvelle pour les équipementiers Français dont VW est l'un sinon LE plus gros client...
Ils doivent être content chez Valéo, Faurecia, plastique Omium, Saint-Gobain...
Réponse de le 09/10/2015 à 8:28 :
@reponse de seb VW va perdre un volume qui va se redistribuer, notamment chez les français et parce que la nature a horreur des tricheurs mais aussi horreur du vide...
Réponse de le 09/10/2015 à 18:36 :
à Réponse de @seb: Les parts de marché perdues par VW seront gagnées par d'autres constructeurs....qui se fournissent aussi chez les équipementiers Français.
Par contre Bosch qui est un équipementier Allemand et qui a fourni le logiciel fraudeur a quelques soucis à se faire, car la justice US risque bien de s'intéresser à son cas.
a écrit le 08/10/2015 à 18:07 :
La direction centrale était au courant comme l'était la direction de la SG pour Kerviel. Un truc aussi gros connu aussi de Bosch ne pouvait pas être inconnu du Conseil d'administration de VW
Réponse de le 09/10/2015 à 8:27 :
Tout a fait, sinon cela veut dire que la hiérarchie usurpe le mot de manager. Donc il sont tous incompétents.

Depuis 15 ans il n'est a peu pres plus possible de respirer dans toutes ces entreprises, sans l'aval de la hiérarchie et du conseil d'administration.

Cachez ce sein que je ne saurais voir.
Réponse de le 09/10/2015 à 8:27 :
Tout a fait, sinon cela veut dire que la hiérarchie usurpe le mot de manager. Donc il sont tous incompétents.

Depuis 15 ans il n'est a peu pres plus possible de respirer dans toutes ces entreprises, sans l'aval de la hiérarchie et du conseil d'administration.

Cachez ce sein que je ne saurais voir.
Réponse de le 09/10/2015 à 12:43 :
Cette façon de faire porter la responsabilité sur de subalternes est tout simplement honteuse quand on sait que le groupe VW n'en est pas à sa première confrontation avec la tricherie, Tüv, Adac et maintenant petit logiciel qui va bien..

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