Voitures électriques chinoises : l’Europe dit « oui » aux surtaxes
Pierre Manière
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune
Pierre Manière
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune
Alors que la filière automobile du Vieux Continent traverse une crise, les pays membres de l'UE ont décidé, au terme d'une réunion ce vendredi matin, d'imposer des droits de douane supplémentaires aux véhicules électriques importés de Chine. Cette proposition de la commission « a obtenu le soutien nécessaire », souligne l'institution dans un communiqué. Celle-ci a désormais le champ libre pour mettre en œuvre ces droits de douane allant jusqu'à 35% sur les voitures chinoises, qui s'ajouteront à une taxe de 10% déjà effective. Ceux-ci doivent entrer en vigueur au plus tard le 30 octobre prochain.
Dans le détail, dix pays membres de l'UE ont donné leur feu vert à cette mesure. On y retrouve, sans surprise, la France et l'Italie. Mais cinq pays ont voté contre, dont l'Allemagne. Berlin craint des mesures de rétorsion de Pékin. L'empire du milieu constitue, de loin, le premier marché à l'export pour ses constructeurs automobiles, à commencer par Volkswagen, le numéro un européen. Pas moins de douze pays se sont, en revanche, abstenus.
Dans la foulée de cette décision, Pékin a, sans surprise, dit tout le mal qu'il en pensait. Le ministère chinois du Commerce a fustigé des « pratiques injustes, non conformes et déraisonnables ». Avant de se fendre d'un avertissement, précisant qu'il « préserverait les intérêts des entreprises chinoises ». Même son de cloche pour le constructeur Geely, qui a fait part de sa « grande déception ». Cette décision risque, selon lui, « d'entraver les relations économiques et commerciales entre l'UE et la Chine ». Craignant des représailles pour sa puissante industrie automobile, Berlin a, de son côté, appelé l'Europe à éviter toute « guerre commerciale » avec l'empire du Milieu.
À lire également
Bruxelles considère que ces nouvelles taxes constituent un impératif pour rétablir une concurrence équitable avec les constructeurs chinois, accusés d'être massivement subventionnés. L'Europe redoute, en particulier, une déferlante de leurs voitures électriques. Sachant que la Chine dispose d'une avance qui ne fait pas débat dans cette technologie, et en particulier dans les batteries. Ce qui permet aux constructeurs de l'empire du Milieu d'afficher des prix très inférieurs à ceux de leurs homologues européens.
Pierre Manière