Véhicules électriques chinois : le Canada impose une surtaxe de 100%
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Le pm canadien trudeau a mardi une reunion bilaterale avec le president us
BLAIR GABLE
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Le pm canadien trudeau a mardi une reunion bilaterale avec le president us
BLAIR GABLE
Nouveau coup dur pour l'industrie automobile chinoise. Lundi, le Canada a annoncé une surtaxe de 100% sur les importations de véhicules électriques chinois à compter du mois d'octobre. Ottawa imposera également une surtaxe de 25% sur les importations chinoises d'acier et d'aluminium à compter du 15 octobre. La surtaxe canadienne visera les automobiles, les camions, les autobus ainsi que les camionnettes de livraison électriques et certains modèles hybrides.
« La Chine exprime son vif mécontentement et son opposition résolue » à cette décision, a fustigé ce mardi dans un communiqué son ambassade au Canada, assurant que le pays « prendra toutes les mesures nécessaires » pour protéger ses entreprises.
La nouvelle est d'autant plus dure à encaisser pour Pékin, que des dizaines de marques chinoises innovantes dans l'électrique ont vu le jour ces dernières années et elles rivalisent dans leur pays avec des constructeurs étrangers qui peinent à s'adapter. Ces constructeurs chinois mettent désormais le turbo à l'étranger. De son côté, le Canada déploie depuis quelques années des efforts considérables pour attirer les acteurs du secteur des véhicules électriques, vantant ses incitations fiscales, son énergie propre et ses importantes ressources en terres rares.
Cette passe d'armes entre la Chine et le Canada s'inscrit dans un contexte de tensions commerciales grandissantes avec certains pays occidentaux qui accusent Pékin de détruire la concurrence dans d'autres secteurs dont les éoliennes, les panneaux solaires, et les batteries.
Le Canada n'est en effet pas le seul pays à imposer ce type de taxes. La semaine dernière, l'Union européenne (UE) a ainsi confirmé sa volonté de surtaxer pendant cinq ans les voitures électriques provenant de Chine. Ces surtaxes, qui peuvent atteindre jusqu'à 36%, remplaceront des taxes provisoires décidées début juillet à l'encontre des véhicules électriques importés de Chine. La majeure partie des constructeurs chinois est concernée par ces nouveaux droits de douane européens. Bruxelles les imposera notamment à BYD (à hauteur de 17%), à Geely (19,3%), et à SAIC (36,3%), parmi les constructeurs les plus importants de Chine. Tout comme Ottawa, Bruxelles estime les prix des véhicules chinois artificiellement bas du fait de subventions d'Etat qui faussent le marché et nuisent à la compétitivité des constructeurs européens.
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Pékin a menacé à plusieurs reprises de représailles ces derniers mois. La Chine a notamment lancé une enquête sur des pratiques commerciales de l'UE jugées déloyales concernant certains produits laitiers importés. A titre indicatif, cette dernière a exporté pour 1,68 milliard d'euros de produits vers la Chine en 2023, selon des données d'Eurostat.
« La Commission défendra fermement les intérêts de notre industrie laitière et de notre politique agricole commune », a martelé, en guise de réponse jeudi dernier, un porte-parole de l'institution, Olof Gill, assurant que « toutes les mesures nécessaires seraient prises pour s'assurer que cette enquête respecte pleinement les règles de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) ».
Déterminés à freiner la progression chinoise dans le secteur, les Etats-Unis avaient eux annoncé en mai le quadruplement des droits de douane (de 25% à 100%) sur les véhicules électriques chinois importés, la concurrence économique avec la Chine étant au cœur de la campagne présidentielle américaine.
Le Premier ministre a également appelé à « maintenir la stabilité et le bon fonctionnement des chaînes industrielles et d'approvisionnement », ou encore à « déployer d'importants efforts en faveur de la croissance économique mondiale ».
Ces pressions des pays importateurs de véhicules chinois arrivent à un mauvais moment pour Pékin. L'industrie chinoise a en effet plus que jamais besoin d'exporter au vu de la forte baisse de sa consommation intérieure depuis le Covid-19. Le pays peine à atteindre son objectif de croissance annuelle de 5% pour 2024, jugé ambitieux par de nombreux économistes.
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Au deuxième trimestre, la croissance s'est fortement tassée sur un an (+4,7%), selon des chiffres officiels publiés mi-juillet. Ce rythme était en deçà des attentes d'analystes et de celui du premier trimestre (+5,3%). Il est aussi le plus faible depuis début 2023, quand la Chine levait ses restrictions draconiennes contre le Covid-19 qui pénalisaient l'activité. Par ailleurs, les ventes au détail n'ont progressé en juin que de 2% sur un an. L'essoufflement de cet indicateur clé traduit une consommation toujours morose.
(Avec AFP)
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